Joueur vétéran de WoW qui a connu Vanilla et ses 40 niveaux de courses à pieds, je me suis mis au rôle play il y a quelques mois. J'y ai pris goût, tellement que chacun de mes personnages à maintenant sa fiche TRP. J'ai fait partie de trois guilde différentes axées sur le rôle play, mais les ai quittées avant de m'absenter deux mois de WoW à cause d'examens et dans l'attente de cette dernière extension.
Bref.
Je recherche une guilde RP active à l'histoire et aux caractéristiques plaisantes, et vous êtes la première sur la liste sur les recommandations de certains joueurs et de mon ami Google. Je vous propose donc ici ma candidature, en espérant que vous y prendrez autant de plaisir à la lire et que j'en ai en l'écrivant.
La brasier est immense et répand sa lueur sur tout le paysage. Aveuglant. Omniprésent. Magnifique. Le crépuscule ce soir est particulièrement beau, les gigantesques flammes s'étendent dans le ciel et jusqu'à l'horizon, où le Soleil rougeoyant semble s'écraser sur les sombres forêts du Bois de la Pénombre au loin.
C'est là le genre de spectacle que le jeune worgen assis sur le toit de la Fierté du Lion aime observer régulièrement, avec pour seuls compagnons Jeremy Fisher et la traditionnelle bouteille de rhum brun. Ce toit, contrairement aux dortoirs odorants de l'auberge, c'est son refuge. Sa chambre, son espace personnel. Même si le vieux Farley, l'aubergiste, avait déjà tenté plusieurs fois de l'en chasser quitte à parfois faire appel aux autorités...
Le maréchal Dughan a même fini par connaître le nom de ce phénomène rusé et agile qui parvient toujours à disparaître en laissant sa foutue bouteille de rhum vidée et remplie à chaque fois d'une unique pièce de cuivre. Morgan Graves.
Morgan fait partie de ces rescapés de Gilnéas. Issu d'une famille de nobles, Morgan n'a jamais correspondu au modèle du fils parfait. Bien au contraire. Depuis adolescent les ennuis et lui s'attirent comme deux a(i)mants.
Ca commençait avec une bande de petits jeunes turbulents, pour évoluer en bande de voleurs talentueux et finalement en clan de Marchombres (un clan de voleurs mystérieux aux talents rares, dont jamais un membre ne fut attrapé). Mais Graves a toujours eu un bon coeur enfoui sous ces murs de sadisme, et la mort de sa famille lors de l'invasion des Réprouvés l'a mené à se séparer de son clan, s'isolant avec son corbeau de compagnie et meilleur ami Jeremy.
Le voilà donc encore sur ce toit, avec Fisher, le rhum et un Farley énervé qui se fait entendre car sa réserve d'alcool a encore été pillée. La chaleur du brasier céleste réchauffe le coeur à défaut de réchauffer la fin du jour, mais Morgan est plongé dans une mélancolie qui empoigne sa poitrine. La vie en solitaire est euphorisante, mais la solitude pèse souvent, la vie de clan lui manque. Les cris de Farley se font plus forts, interrompant les rêveries du worgen. Celui-ci se redresse doucement, les cris semblent se diriger vers l'extérieur. Sous sa forme lupine, qu'il a bien vite apprivoisée et même chérie, Graves s'accroupit sans bruit, esquissant déjà un sourire. L'aubergiste sort, rouge de colère.
"Nom d'un gnoll... GRAVES! Je sais que t'es encore là-haut je vois ton foutu piaf voler autour de mon établissement depuis deux heures! J'te préviens p'tit gars cette fois tu vas pas t'en sortir!"
Il agite le point hystériquement vers le toit, et se retourne brusquement vers un patrouilleur pour lui hurler la doléance. Ce dernier semble jeune et tout juste engagé, il bafouille et va chercher deux de ses compagnons qui discutent près des griffons. Déjà une foule aussi bruyante que petite encercle l'auberge, tenant chaque recoin du bâtiment à l'oeil. Un garde amène une échelle, grimpe à toute vitesse pour bondir bruyamment sur les tuiles. Mais une fois encore, seule une bouteille de rhum vide trône sur Comté-de-l'Or, une pièce de cuivre gisant dans les dernières gouttes d'alcool du fond.
Morgan est déjà cent mètres plus loin, mais il entend toujours distinctement les injures de Fraley, ce qui le fait toujours autant rire silencieusement! Mais la mélancolie refait surface bien vite, effaçant le sourire. Le worgen commence à cogiter. Il avait entendu parler d'un clan qui jusqu'à présent le tente encore néanmoins sa crainte de s'attacher à une nouvelle famille. Apparemment un clan qui aspire à rendre aux humains les fières terres de Lordaeron. Sa terre natale...
Le voleur prend sa forme humaine, ce qui lui fait à nouveau sentir le vent frais du soir à peine tombant sur sa peau à présent quasi imberbe. Il s'allonge dans l'herbe près d'un étang, et comme pour répondre à ses réflexions, Jeremy Fisher se pose à côté de sa tête. D'un croassement, le corbeau attire le regard de Graves qui lève un sourcil dubitatif.
"Quoi croâ? Tu sais pertinemment pourquoi j'y réfléchis encore."
D'un bond le volatile se pose sur la poitrine et semble poser un regard insistant.
"Oh ça va ne me lance pas de la sorte! En plus tu as bien regardé ma dégaine? Tu crois un instant que je peux avoir ma place dans une telle guilde??" Le corbeau répond d'un croassement plus bref et aigu. N'importe qui qui passerait par là traiterait ce duo de fou... Mais ils semblaient se comprendre par quelque façon.
"Hey! Monsieur Jeremy Jonathan Christopher Fisher, je ne vous permets pas! Ce n'est pas de la couardise mais du bon sens." Bref silence suivi duquel Graves se lève subitement, bousculant l'oiseau qui ne cache pas son indignation d'un autre cri.
"Après tout. Qu'ai-je à perdre! C'est juste à la Garnison, autant y faire un tour..."
Morgan se remet en route, en direction de la Garnison de l'Est, où se tenait le bureau de cette fameuse guilde. Sa marche est déterminée, et un sourire renaît timidement aux commissures. Le duo mit une vingtaine de minutes à arriver au camp, et Graves aperçoit presque directement le blason pourpre qu'il avait vu sur une affiche.
Il se poste devant la porte, et tourne une dernière fois les yeux vers le brasier qui commence à s'éteindre, ne laissant que quelques cendres carmins dans la voûte sombre.
"Graves mon vieux t'as intérêt à assurer."
Le voleur lève le poing et, le corbeau sur son épaule, se décide à frapper à la porte.