A aucun moment donné Augustus ne pouvait s'attendre à être reçu dans une salle s’apparentant à une cantine pour factionnaires. Tout compte fait, c'était sans doute mieux que d'avaler des baies et des racines dans le noir. Et mieux, il y avait tout le confort: des chaises et une table. Cela faisait presque quatre jour qu'Augustus von Lutgardis n'en avait pas vue une seule. Finalement, la vile sénéchal s'en alla quérir du personnel de cuisine, partant sur un ton qui laissait supposer qu'il n'allait sans doute pas conserver son intégrité au cours de la nuit qu'il allait passer ici. Une sorte de mise en garde qui le fit frissonner un instant. Elle parlait même de son âme, soit-disant si facile à attraper. C'était faux. De génération en génération, à chaque fois qu'un Von Lutgardis mourrait, son âme allait dans le ventre des démons avec qui il avait pactisé. Et croyez le ou non, un démon privé de son repas est un démon qui vous veut du mal. Il resta alors seul en compagnie de la dame rousse, qui semblait tout aussi interdite qu'on pouvait l'être suite à une annonce d'adultère.
Et la comparaison était faible. Le Gilnéen n'eut même pas le temps d'inspirer qu'il se fit agripper avec force par les cheveux, et traîné comme un ballon de baudruche en face de la rouquine. Il sentait son cuir chevelu chauffer à une vitesse alarmante, et rien à voir avec la courte douleur que lui imposait cette brusquerie. D'autant que oui, la pièce se réchauffait elle aussi. Peut-être même un peu trop. Si bien que bientôt des gouttes de sueur perlèrent le front du Worgen. Augustus déglutit, et le Cataclysme commença. La jeune femme lui vociféra dessus plus que de raison, l'insultant lui et son peuple de lâches et surtout le gratifiant du résumé de sa situation. Comme cours d'histoire express, il y avait moins vif, certes, mais au moins cela permettait à Augustus, en dépit de son air d'hébètement , de réfléchir à comment réagir une flot ce flot incontrôlable de venin stoppé. Il avait subitement mal aux yeux, comme si des picotement intense lui parcourait le crâne et le haut du dos. Puis finalement, il fut relâché, comme une pomme de terre sortie de l'eau après cuisson.
Le peuple de Gilnéas s'était enfermé derrière une grande muraille depuis les prémices de la guerre contre la Horde. Le Roi Genn Grisetête se trouvait être fort méfiant de la politique extérieure et déploya un protectionnisme sur l'ensemble de son royaume. Il faut dire ce qu'il faut dire: jamais les Gilnéen ne surent ce qu'il se passait derrière le mur. Et il faudra bien l'expliquer, tête reposée, à cette jeune femme au tempérament de feu. Certes, outre fait que les jambes d'Augustus étaient sous le point de se dérober sous son poids, il accordait un regard mêlant désolation, déception et compréhension. Lui aussi venait de tout perdre, il n'y a même pas quelques jours. Les Réprouvés ont privé le peuple de Gilnéas de leur seule terre. Sans l'aide de la 7ème Légion d'Hurlevent et des Elfes de Darnassus, jamais son peuple n'aurait put s'enfuir vivant. Augustus déglutit, et se concentra un instant pour ne pas vaciller. Il était éreinté, affamé, et pourtant, comme si son instinct de survie lui dictait, il devait rester debout. Surtout devant une femme de ce caractère là.
Augustus Von Lutgardis déglutit. Il pouvait assurément dire une chose qui relâcherait sans doutes la tension. Les yeux humides, la voix quelque peu brisée par l'émotion que lui provoquait ses mots, il annonça :
«Voilà donc un ennemi commun... Les Réprouvés ont pris Gilnéas il y a quatre jours. »
Oh certes, il voulait se venger lui aussi, de toutes les abominations qu'avait connue la plus belle cité du monde. Il baissa les yeux. Il se remémora que pendant son voyage, il n'avait pas eu le temps d'y penser, mais maintenant qu'il avait un toit, il pouvait se poser et faire le point sur sa situation. Il ajouta à voix basse, comme s'il se rappelait ses griefs pour lui non plus, ne pas oublier:
«Ma Gilnéas, ma patrie.... Maintenant embrumée de Peste et grouillante de chair mortes...»
[Candidature acceptée] Lutgardis
La porte par laquelle s'était échappée Hadjirah coulissa à nouveau sur ses gonds sur les derniers mots du réfugié.
La draeneï reparut, tête haute, robe de chambre réajustée, et cheveux retenus en arrière par quelques habiles entremêlas.
Elle portait un plateau de bois simple, sur lequel trônait une théière fumante et trois tasses. Sans son air des plus autoritaires, elle aurait pu ressembler à ces femmes de chambre exotiques que l'on trouvait dans les romans illustrés de port que s'arrachaient les voyageurs s'ennuyant entre deux traversées.
De son pas sec, elle rejoignit la Lomah et Augustus :
"Pauvre homme. Quatre jours d'occupation de votre cité. Que voilà une tragique et lourde épreuve."
Le ton était emprunt de reproche et de mépris. Elle adressa une grimace à Lomah :
"De quoi te plains tu, toi ? Après des années loin de chez toi tu devrais t'y être habituée. Un peu de compassion pour ce malheureux qui mérite qu'on s'épanche sur ses drames personnels."
Aucune émotion. Aucune pitié.
Dans un claquement sec, elle posa le plateau sur une table, plus irritée encore que lorsqu'elle avait quitté la pièce. Dans un geste mêlé d'indifférence et de dextérité, elle entrepris de servir le contenu de la théière dans les trois tasses. Des volutes épicées émanèrent du liquide chaud :
"Une collation va être montée des cuisines. Sommaire. Si cela convient à monseigneur-de-l'affliction."
Elle reposa la théière aussi sèchement qu'elle l'avait prise, s'emparant d'une tasse, posant un regard sans compassion sur celui qu'elle observait plus que jamais comme un étranger.
La draeneï reparut, tête haute, robe de chambre réajustée, et cheveux retenus en arrière par quelques habiles entremêlas.
Elle portait un plateau de bois simple, sur lequel trônait une théière fumante et trois tasses. Sans son air des plus autoritaires, elle aurait pu ressembler à ces femmes de chambre exotiques que l'on trouvait dans les romans illustrés de port que s'arrachaient les voyageurs s'ennuyant entre deux traversées.
De son pas sec, elle rejoignit la Lomah et Augustus :
"Pauvre homme. Quatre jours d'occupation de votre cité. Que voilà une tragique et lourde épreuve."
Le ton était emprunt de reproche et de mépris. Elle adressa une grimace à Lomah :
"De quoi te plains tu, toi ? Après des années loin de chez toi tu devrais t'y être habituée. Un peu de compassion pour ce malheureux qui mérite qu'on s'épanche sur ses drames personnels."
Aucune émotion. Aucune pitié.
Dans un claquement sec, elle posa le plateau sur une table, plus irritée encore que lorsqu'elle avait quitté la pièce. Dans un geste mêlé d'indifférence et de dextérité, elle entrepris de servir le contenu de la théière dans les trois tasses. Des volutes épicées émanèrent du liquide chaud :
"Une collation va être montée des cuisines. Sommaire. Si cela convient à monseigneur-de-l'affliction."
Elle reposa la théière aussi sèchement qu'elle l'avait prise, s'emparant d'une tasse, posant un regard sans compassion sur celui qu'elle observait plus que jamais comme un étranger.
- Augustus V. Lutgardis
- Lieutenant
- Messages : 939
- Enregistré le : mar. 07 déc., 2010 9:23 pm
A peine la tragique nouvelle fut-elle annoncée, Augustus vit, et surtout entendit rentrer la marâtre à la peau sombre, la démon aux pieds de boucs. De son ton habituel, elle proféra quelques paroles blessantes à l'égard du jeune von Lutgardis. Ce dernier, avec toute la retenue que lui permis son état éreinté, s'empêcha de répliquer vivement. Il devait quand même un toit à ces gens, et même si leurs moeurs sont dures à vivre, il fallait bien s'en accommoder. C'était à lui de se plier aux règles de la maison, aussi sadiques et insupportables soient-elles, car telle était l'éducation et la raison élémentaire que devait avoir toute personne logeant à l'étranger. On dit que la fatigue était un bon moyen de pression sur les gens, cela facilitait l’irascibilité d'autrui. Or, sur Augustus, lui qui avait donné un tel effort physique pour arriver jusqu'ici, elle ne semblait que... lui donner envie de dormir. C'était sa priorité absolue, même si les promesses d'un repas, aussi basique soit-il, n'était pas de refus non plus. Il prit place alors, non loin de la démone qui le fixait comme un cafard labellisé «espèce protégée», et saisit la tasse qui lui avait été remplie, fébrilement.
«Merci.»
Ses nerfs sans doutes engourdis ne le prévinrent pas de suite que la tasse était assez chaude, car c'est quand il porta la tasse à ses lèvres qu'il réalisa que la boisson lui brûlait aussi bien le gosier que les doigts. Essayant de faire preuve de maîtrise, il reposa calmement la tasse sur la table et frotta nerveusement sa main chauffée au rouge contre son tissu de pantalon, discrètement, comme pour atténuer la souffrance passagère, qui se lisait un peu dans son froncement de sourcils.
Il n'osa pas dire grand mot non plus, se voulant discret, malgré une petite tension palpable parmi les personnes attablées. En réalité, peut-être qu'il ne disait rien de peur que cela se retourne contre lui. Il but alors une autre gorgée de son thé, assuré au bout d'une ou deux minutes que la boisson s'était un tant soit peu refroidie. Le liquide avait désormais un goût si délicat, qu'il ne pensait plus jamais rien re-boire de tel lors de son voyage, si parfumé... Augustus se rassura bel et bien. Dans la Garnison de l'Ost Pourpre, il était bien reçu.
Oh que oui...
«Merci.»
Ses nerfs sans doutes engourdis ne le prévinrent pas de suite que la tasse était assez chaude, car c'est quand il porta la tasse à ses lèvres qu'il réalisa que la boisson lui brûlait aussi bien le gosier que les doigts. Essayant de faire preuve de maîtrise, il reposa calmement la tasse sur la table et frotta nerveusement sa main chauffée au rouge contre son tissu de pantalon, discrètement, comme pour atténuer la souffrance passagère, qui se lisait un peu dans son froncement de sourcils.
Il n'osa pas dire grand mot non plus, se voulant discret, malgré une petite tension palpable parmi les personnes attablées. En réalité, peut-être qu'il ne disait rien de peur que cela se retourne contre lui. Il but alors une autre gorgée de son thé, assuré au bout d'une ou deux minutes que la boisson s'était un tant soit peu refroidie. Le liquide avait désormais un goût si délicat, qu'il ne pensait plus jamais rien re-boire de tel lors de son voyage, si parfumé... Augustus se rassura bel et bien. Dans la Garnison de l'Ost Pourpre, il était bien reçu.
Oh que oui...
- Lomah de Sangre
- Chambellan
- Messages : 5835
- Enregistré le : mar. 02 oct., 2007 12:13 am
- Localisation : Là où on s'y attend le moins
Avec grâce j'attrape une des tasses du thé raffiné de ma compagne. Les manches évasées de ma robe de chambre au tissu couteux -bien qu'élimé- virevoltent au dessus de la table. Je suis une femme du monde et le thé est plus sacré que les hommes. Aussi le silence pénétrant de notre parasite qui suit la dégustation revêt pour moi quelques simulacres de respects, respect qui a largement été bafoué depuis que ce corniaud a fait irruption dans nos murs.
C'est pour cela que thé ou pas, il me faut savoir ce qu'il espère des Cloches. Pas notre commisération en tout les cas...
- Je vous ai certes interdit de chialer pour ne pas gâcher le goût de mon thé, cependant cette castration lacrymale momentanée ne doit pas vous occulter la parole ....
Édouard, le commis de cuisine-le seul en fait vu les restrictions budgétaires- fit alors irruption dans la pièce. Son allure chétive était renforcée par un bras dans le plâtre et une vilaine attèle qui lui enserrait le cou, vestige de sa rencontre nocturne avec la "bête". Il portait maladroitement un plateau avec du lards séché, des fruit secs et des pommes, ainsi qu'un solide morceau de fromage au lait cru. Le gamin avait l'air encore plus hébété que d'habitude.
-... Donc ? Vous comptez faire quoi après nous avoir extorqué le gites et le couvert ?
C'est pour cela que thé ou pas, il me faut savoir ce qu'il espère des Cloches. Pas notre commisération en tout les cas...
- Je vous ai certes interdit de chialer pour ne pas gâcher le goût de mon thé, cependant cette castration lacrymale momentanée ne doit pas vous occulter la parole ....
Édouard, le commis de cuisine-le seul en fait vu les restrictions budgétaires- fit alors irruption dans la pièce. Son allure chétive était renforcée par un bras dans le plâtre et une vilaine attèle qui lui enserrait le cou, vestige de sa rencontre nocturne avec la "bête". Il portait maladroitement un plateau avec du lards séché, des fruit secs et des pommes, ainsi qu'un solide morceau de fromage au lait cru. Le gamin avait l'air encore plus hébété que d'habitude.
-... Donc ? Vous comptez faire quoi après nous avoir extorqué le gites et le couvert ?
"The show must go on, I'll face it with a grin, I'm never giving in
On with the show
I'll top the bill, I'll overkill, I have to find the will to carry on
On with the show..."
[QUEEN]
+Fiche personnage+
On with the show
I'll top the bill, I'll overkill, I have to find the will to carry on
On with the show..."
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- Augustus V. Lutgardis
- Lieutenant
- Messages : 939
- Enregistré le : mar. 07 déc., 2010 9:23 pm
Au fur et à mesure que le temps passait autour de cette table, Augustus sentait ses dernières limites s'approcher. Il devait s'accrocher à son minimum de décence pour ne pas s'endormir net sur la table et ainsi se vautrer comme une masse devant ses hôtes. Ses yeux cernés bougeaient lentement d'une femme à l'autre. Il semblait y avoir comme un air qui flottait entre celles-là. Peut-être était-ce une rivalité de sadisme et de mépris. Le moindre petit bruit de fatigue, de travers, de faim provenant de lui pouvait se révéler traître de sa droiture d'ordinaire exemplaire. Finalement, la rouquine avait commencé à parler, mais fut promptement interrompue par un commis de cuisine -dans un fort mauvais état soit dit en passant- qui apporta des mets on ne peut plus basique. Par politesse, Augustus attendit qu'on lui fasse signe qu'il pouvait se servir, accordant au préalable un vague sourire de gratitude envers les personnes qui étaient présentes dans la salle.
La dame rousse reprit la parole, avec un ton qu'on pouvait maintenant qualifier d'habituel. Ils avaient beau venir du Nord, on dirait que les moeurs d'Elwynn avait brutalement changé le code de langage. Ha oui, ces gens n'étaient peut-être pas issues de la Haute, en même temps. Enfin, von Lutgardis n'en savait rien, et se contenta de répondre le plus clairement possible, essayant d'organiser ses idées.
«Je.. euhm.. pensais me rendre à Hurlevent demain pour chercher un logement et un emploi.. Bien entendu je compte vous rendre ma dette une fois ma situation stabilisée.»
Il pensait sans doute à leur offrir une bouteille de vin à l'occasion, mais actuellement sans terres et sans le sous, il ne valait pas grand chose. Mis à part quelques "secret de famille", une Malédiction qui méritait bien son nom et des vêtements un peu abimés, il ne portait pas la richesse du monde dans sa poche.
La dame rousse reprit la parole, avec un ton qu'on pouvait maintenant qualifier d'habituel. Ils avaient beau venir du Nord, on dirait que les moeurs d'Elwynn avait brutalement changé le code de langage. Ha oui, ces gens n'étaient peut-être pas issues de la Haute, en même temps. Enfin, von Lutgardis n'en savait rien, et se contenta de répondre le plus clairement possible, essayant d'organiser ses idées.
«Je.. euhm.. pensais me rendre à Hurlevent demain pour chercher un logement et un emploi.. Bien entendu je compte vous rendre ma dette une fois ma situation stabilisée.»
Il pensait sans doute à leur offrir une bouteille de vin à l'occasion, mais actuellement sans terres et sans le sous, il ne valait pas grand chose. Mis à part quelques "secret de famille", une Malédiction qui méritait bien son nom et des vêtements un peu abimés, il ne portait pas la richesse du monde dans sa poche.
«Que mon sourire dissimule un sabre, à chaque fois que ma passion me touche...»