
La cité humaine d'Hurlevent était comme à l'accoutumée encore très animée, et ses rues voyaient passer les badauds d'origines et horizons les plus variés.
Elle invoqua son talbuk avant de remettre sa capuche en place. Il valait mieux rester discrète.

Il faut dire que par ici les chalands n’aimaient pas vraiment lui parler ou même la croiser, elle avait d’autres chats à fouetter que de s’embarrasser avec des humains simples d’esprit. Elle traversa la ville d’une traite

et s’enfonça dans la pénombre sans l’ombre d’une hésitation, coupant à travers champs,

décapitant à l’occasion un gnoll un peu trop téméraire, sans toutefois ralentir son allure. Elle connaissait déjà le chemin qui menait à sa destination. Bien que la forêt d'Elwynn ne soit pas vraiment le Dun Morogh de son enfance, elle s'était déjà présenté au bastion une soirée après une longue chasse à l'ogre. Par (mal)chance, elle n'avait pas très bien choisit son soir et perturba malgré elle des festivités. L'accueil et les mots furent d'une cordialité modérée, les membres de L'Ost, en particulier la Chambellan Lomah De Sangre, appréciant peu, à juste titre, qu'une inconnue aux yeux de givre paraisse au coin de la salle. La Chambellan voulu l'inviter aux réjouissances, mais l'heure avancée, l'alcool, et peut-être son apparition, avaient ruiné le nombre de convives, qui n'étaient plus guère nombreux dans la pièce, certains cuvant même leur boisson de façon disparate en divers cachettes du bastion. Kromee en profita pour décliner le plus poliment qu'elle put la sollicitation de la mage. Celle ci lui proposa donc de se présenter à une heure plus policée en une autre occasion.
Lorsqu'elle arriva à la garnison, le même constat lui revint en un rictus moqueur. C’était tellement humain … ça puait le calme, les petits lapins dans la prairie et les gamins qui grimpent aux arbres … loin, très loin de sa réalité à elle. Elle fut cependant soulagée de constater que le fléau n’avait pas encore apposé sa marque dans tout Azeroth.
Elle confia son talbuk à l’écurie voisine puis se dirigea d’un pas décidé vers le bastion. A sa vue, l'adjoint Rainer eu une moue de dégoût, non pas - du moins la narratrice l'espère - à cause de la gnome, mais en apercevant la goule qui l'accompagnait. La chevalière de la mort le remarqua, et se fiant aux diverses réactions qu'elle avait déjà rencontré, comprit la raison du malaise de l'humain.
"Chipetombe, va donc avec Crin-Argent."
La créature s'exécuta sans mot dire. La gnome parcourra alors les derniers pas qui la séparait de l'adjoint Rainer...


