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[Candidature] Le non-mort et la jouvencelle

Posté : ven. 17 déc., 2010 11:52 pm
par Magdalenna
- Oh, vraiment, vous voulez bien m'accompagner ?

Magdalenna s'était sentie rosir du bout du menton jusqu'au sommet du crâne lorsque le non-mort s'était proposé comme escorte jusqu'à la garnison du ruisseau de l'est. Bon, c'était aussi sa destination à lui, donc ça aurait été stupide de marcher l'un à coté de l'autre en s'ignorant, mais quand même elle était flattée de la proposition. Un peu effrayée aussi, mais ça n'était pas sensé transparaître sur le visage ravi qu'elle présentait ce matin là à son nouveau compagnon de route.

Ils avaient passé la nuit à l'auberge de la Fierté du Lion après cette soirée mouvementée qui coûtait aujourd'hui à la jeune fille une furieuse douleur à l'arrière du crâne qu'elle tentait d'ignorer tant bien que mal depuis son réveil. Ce n'était pas le moment de se plaindre. Elle voyageait avec un gars super bizarre. Il était grand et maigre, bien plus grand que le fils Coslon et bien plus maigre que Rita, la petite serveuse que sa mère avait engagé pour travailler dans le restaurant familial peu avant son départ. C'était assez drole en fait. Magda n'aurait jamais pensé rencontrer pareille créature si tôt après le début de ses errances. Et surtout pas à Comté de l'Or.

En tout cas elle s'accommodait plutôt bien de cette surprise. Surtout que ce gentilhomme avait bien voulu la décharger de la moitié de son paquetage plus tôt, la voyant ployer sous le poids de la chose. Elle avait en effet récupéré ses possessions abandonnées puis retrouvées par un - hi hi hi ! - gnome qui les lui avait gentiment retournées.

Autant dire que tout allait pour le mieux. De son pas guilleret, elle accompagnait Grande Classe - comme elle se plaisait à le surnommer - en faisant papillonner la conversation autour de tout et n'importe quoi. Enfin, surtout n'importe quoi.

- Vous vous rendez compte de la hauteur de ces arbres ? Air fasciné. Aux Carmines nous avons de jolies forêts aussi, ce n'est pas le problème, mais vraiment ça n'a rien à voir. Vous étiez déjà venu ici par le passé ? Ou bien est-ce la première fois ? Moi c'est la deuxième fois. J'étais venue quand j'étais petite, mais bon jamais aussi loin vers l'est. C'est vrai qu'on a du travail au restaurant, et puis le potager de grand-père demande du temps aussi, on n'a jamais vraiment eu l'occasion de beaucoup voyager avec ma famille. Il y a tant de chose à faire au lac ! Vous devriez aller visiter si ce n'est pas déjà fait. C'est grand, c'est beau... Bon on a quelques soucis avec les gnolls installés dans la montagne, mais je suppose que ça ne vous poserait aucun problème. Je sûre que vous êtes super puissant. On m'a dit que les chevaliers de la mort pouvaient dompter des goules. C'est vrai ? Vous y arrivez ? Ca doit être terriblement effrayant.

Tout en papotant elle observait les alentours, s'arrêtait quelques fois pour cueillir une fleur et rattrapait le non-mort en sautillant d'un pied sur l'autre. Ils croisèrent quelques voyageurs, que Magda salua à chaque fois avec effusion. La fois où ce fut un groupe de gnomes qu'ils virent apparaître sur le chemin devant eux, la jeune fille fut prise d'un tel fou rire qu'elle du s'arrêter sur le coté, une main sur la clôture, l'autre sur les côtes, tellement elle riait. Ce devait être nerveux.

En fait, elle était terriblement nerveuse. Plus ils se rapprochaient de leur but, plus elle était survoltée. Ses paroles se mirent à ne plus vouloir dire grand chose, et finalement quand la forteresse fut en vue, elle ne dit plus rien. Ses mains se tordaient l'une contre l'autre, les doigts emmêlés. Tous ces grands chevaliers en armure autour d'eux, qui s'agitaient ça et là. Ca aussi c'était classe.

Elle retrouva finalement quelque sérénité en observant le va et vient de ces hommes et femmes d'arme. Elle battait des cils, nouvellement fascinée. Tout ceci pulsait de vie, de vie organisée et bien ordonnée. Cela avait quelque chose de magique.

Posté : sam. 18 déc., 2010 12:44 am
par Complainte
***


- Je crois me rendre compte, oui. Non, jamais encore, si je me souviens bien. J'irai peut-être, un jour. Théoriquement non, ce ne serait pas un souci pour moi. Je préfère le terme "capable" : "puissant", c'est galvaudé. Dompter n'est pas le terme que j'aurais choisi. Tout est question de point de vue, je suppose."


Se trimballer une telle compagne de route aurait probablement été la pire torture pour bien des personnes, à moins d'aimer les babillages vides et incessants ou avoir soi-même dépassé les limites du simple bavardage.

Pourtant, Complainte se faisait un devoir de donner la réplique chaque fois que la jouvencelle décidait, dans son long monologue, de s'adresser à lui - et ce, avec une placidité et une courtoisie tout à fait inébranlables. Peut-être était-ce également la courtoisie qui avait motivé sa proposition d'accompagnement, et le fait qu'il dût porter - sans devoir fournir beaucoup d'efforts, certes - le bagage de la jeune femme. Si la non-mort l'avait doté d'une qualité, c'était bien la patience. Même si le fin sourire, arboré perpétuellement au coin des lèvres, trahissait un peu d'amusement tandis que Magdalenna poursuivait sa loghorrée.

Et d'aller de ci de là, papillon fait femme, comme si le monde s'offrait à elle pour la première fois... Par contraste, très sobre, lui se contentait de suivre la route. De toute façon elle revenait toujours à lui après ses écarts, ne fut-ce que pour le noyer d'autres observations toutes aussi pertinentes les unes que les autres. Auxquelles, bien entendu, il répondait. Tout en doutant qu'elle prenne la peine de l'écouter, mais là n'était pas le problème, finalement.

Ils marchèrent un temps ainsi, et durent offrir le spectacle d'un drôle de couple à ceux qui croisèrent leur chemin. L'objectif approchait. Complainte n'avait qu'à poser les yeux sur Magdalenna pour constater de sa fébrilité. De son côté ? Un calme tranquille. Immuable.

Enfin, la Garnison - et son agitation - furent en vue. Le non-mort balaya les environs des yeux un moment, autant pour satisfaire sa curiosité que pour effectuer un premier repérage. Le bâtiment, ses alentours, la ou les entrées, d'éventuels gardes. Ce grand gaillard posté en sentinelle sur le chemin menant aux quartiers de l'Ost.


- Bien, chère amie. Complainte palpa le bagage suspendu à son flanc par-dessus sa propre besace, et en fit glisser la courroie. Je crois qu'il est temps, pour moi, de vous rendre ceci, et pour vous de préparer votre discours. Lent sourire. Il me semble que nous allons bientôt avoir l'occasion de nous présenter."


Elle avait la gorge sèche de nervosité, toute muette, c'était vraiment très amusant. Il voulait définitivement l'entendre bredouiller face aux vigies qui ne manqueraient pas de venir s'enquérir de l'objet de leur venue. Oh, il la laisserait se débrouiller un temps et, selon les circonstances, viendrait ou non à son secours. C'est qu'il avait une image de créature serviable et polie à entretenir, n'est-ce pas ?



***

Posté : dim. 19 déc., 2010 1:03 am
par Adjoint Rainer
AAAAh la revue matinale ! Quand les oiseaux chantent, le café est chaud et les soldats se dressent droits comme des piquets pour écouter le discours de leur responsable de section, de leur vétéran, de leur ainé. C'est là que les moustaches prenaient tous leur sens : c'était la marque des grands hommes d'autorité, ceux qui portent haut et fort leur sens des responsabilités par une pilosité aussi virile que fière.

-... Et donc les gars, le Chambellan exige une sentinelle permanente près de l'enclos au cochons de Dame Frerindis pour éviter qu'une nouvelle invasion porchère ne vienne déranger les entretiens du Légat et le bon déroulement des entraînements dans la cours. Je veux deux volontaires pour patrouiller aux abords des Marches de l'Ouest. Selon certaines rumeurs, plusieurs étrangers passeraient la frontière pour venir se réfugier illégalement dans la Forêt d'Elwynn. Nous devons donc rendre compte de ce qui nous passerait sous l'nez ! Et sinon....


Le petit briefing pris une bonne vingtaine de minute devant un auditoire que Rainer savait gorgé de motivation ! Ce n'est pourtant du qu'à l'inattention de Ruppert - qui n'était pas une lumière, il faut bien l'avouer- qu'il du s'interrompre.

- Ruppert ! Oh , gamin, ferme ta bouche tu gobes les mouches !
- Mais y'a un couple de gens là... Ils nous regardent bizarrement depuis d'taleur ... Vous croyez que c'est une sorte de nouvelle méthode d'espionnage de l'ennemi ?


L'adjoint Rainer haussa un sourcil broussailleux et darda un coup d'œil vers les visiteurs : une gamine godiche et un grand échalas qui devait pas bouffer du cochon tous les jours. Il eut très envie de galocher la tête de cet abruti de Ruppert que les cours de Dame de Sangre ne pourraient malheureusement jamais rendre plus intelligent. Mais fallait faire preuve de pédagogie....

- Retournez tous à vos postes les gars ! Relève dans 3h !... Non, tais-toi Ruppert.


D'un pas alerte , le vieux chevalier s'engagea sur le chemin en direction des amoureux. Après tout c'était son devoir, et il s'en acquittait toujours avec l'excellence de l'expérience.

Posté : lun. 20 déc., 2010 4:25 pm
par Magdalenna
Un... Quoi ? Un discours ? Magdalenna ouvrit la bouche, puis la referma, comme un poisson hors de l'eau. Diable, personne ne lui avait dit qu'il faudrait déclamer un discours ! A quoi servaient donc les voyantes ? "Tu trouveras l'âme soeur en t'engageant pour combattre" ça, elle avait compris - c'était d'ailleurs une phrase qu'elle avait consciencieusement notée dans son petit carnet puis décorée de fleurs abondantes et de coeurs sautillants. S'engager pour combattre. Facile ! Qu'avait-elle dit après ? "Les limbes sont floues mais ne mentent jamais, c'est l'Ost Pourpre qui te guidera dans ta quête". Et à ce moment là elle n'avait aucune idée de ce que pouvait être l'Ost Pourpre. Elle l'avait appris plus tard, en demandant sa route alors qu'elle était déjà aux trois chemins. "Oh bin, l'Ost Pourpre ma petite c'est une guilde jcrois bien. De vrais durs ! Ils combattent quelque part, je n'sais même plus où. C'est pas comme si c'était important. Y'a toujours quelque chose à combattre, tsais ! En tout cas ils sont à la garnison du ruisseau de l'Ouest. Alors pour y aller... Tu suis le chemin de la capitale jusqu'au croisement de Comté de l'or. De là, tu continues tout droit et quand tu vois des gugusses dans une forteresse, t'es arrivée."

De toute évidence elle y était. Mais vraiment, non, personne ne lui avait parlé de ce fichu discours ! Elle *pouvait* parler, ça n'était pas un problème - elle venait de le démontrer à son valeureux compagnon de route - mais parler pour dire quelque chose d'important, c'était déjà plus complexe.

Elle secoua la tête. Heureusement, elle gardait un atout dans sa manche. Un atout tellement secret qu'elle avait à peine osé y toucher. Ca viendrait plus tard ! Pour l'heure, un vaillant chevalier s'approchait d'eux d'un pas assuré. Magdalenna ouvrit de grands yeux. Fière allure, épée au coté, très jolie moustache, regard perdu dans le lointain... Aaah... Se pourrait-il que... si vite ? Elle sautilla sur place, nouvellement pleine d'entrain. Lorsqu'il fut près d'eux, et avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche - car il allait s'adresser à eux, c'était certain - elle prit la parole avec une sincérité non feinte.

- Vous avez une très jolie moustache !

Posté : lun. 20 déc., 2010 6:59 pm
par Complainte
***



Complainte ne tarda pas à poser ses yeux pâles sur le petit attroupement. Un joli rang, au demeurant. Enfilade de corps raides et de têtes droites, plus ou moins attentives - ou donnant l'illusion de l'être - face à leur instructeur du moment.

Le non-mort détourna les yeux après quelques secondes, curieux de voir quel effet ses paroles précédentes avaient pu avoir sur sa jeune et fragile petite compagne de voyage. Elle semblait décontenancée, mais pas effrayée au point de tout laisser en plan et de partir ventre à terre. Sa conviction dépassait peut-être le simple caprice, après tout... Et c'était tant mieux ! Pour l'instant, il avait besoin d'elle. La jeune Magdalenna était le pendant frais et rassurant de sa propre austérité. Se présenter aux côtés d'une telle jeune fille pouvait peut-être neutraliser en partie la méfiance qu'il inspirait, lui, de par sa nature. C'était du moins son calcul. Une petite précaution, un atout supplémentaire.

Complainte releva la tête après cette brève introspection, pour se rendre compte qu'un homme s'approchait. Il le reconnut sans mal pour être l'instructeur aperçu tantôt. Port de tête assuré, regard droit de ceux qui s'apprêtent à faire leur devoir. Le non-mort se tourna tout à fait pour faire face, restant aux côtés de Magdalenna - un pas derrière, comme une ombre protectrice - et attendit la réaction de celle-ci.

Qui dépassa tous ses espoirs.


- Vous avez une très jolie moustache !"


... Oh, merveilleux.

Droit et d'apparence tout à fait neutre, Complainte se délecta quelques instants de l'expression de l'Adjoint, quelle qu'elle pût être, et attendit encore un peu avant de prendre la parole. Les mots furent calmes et posés, lâchés sur un ton grave et rassurant - à peine saupoudré par l'écho surnaturel lové au fond de sa gorge.


- Bonjour, Monsieur. Petit salut de la tête, sobre, courtois. Veuillez pardonner la... franchise de cette jeune demoiselle, elle n'est pas très au fait des manières du monde. Sourire. Main lentement posée sur l'épaule de la demoiselle sus-citée, douce et paternelle. Nous cherchons - elle et moi - à nous mettre au service de l'Ost Pourpre. Pouvez-vous nous renseigner, s'il vous plaît ?"



***

Posté : mar. 21 déc., 2010 12:00 am
par Adjoint Rainer
- Vous avez une très jolie moustache !
- Vous savez reconnaitre les belles choses, mademoiselle !


Rainer fit frisoter un coin de son opulente moustache d'un air fier.
La gamine aurait pu être sa fille. Une petite demoiselle se tortillant les mains de manière charmante, avec un regard de biche. Pas une Dame, pas encore, mais un joli brin de fille, qui avait du gout !
Par contre son chaperon lui fit perdre son sourire aussi sec : une saleté de Mort qui marche en quête de rédemption. Les officiers de l'Ost Pourpre ne les aimaient pas beaucoup et Rainer pas plus que ses chefs. Il avait toujours du mal à faire confiance à cette sale engeance. Il s'était battu trop longtemps sur le terrain et avait vu trop d'amis mourir dévorés par les escouades des Chevaliers de la Mort.

- Bonjour, Monsieur. Veuillez pardonner la... franchise de cette jeune demoiselle, elle n'est pas très au fait des manières du monde. Nous cherchons - elle et moi - à nous mettre au service de l'Ost Pourpre. Pouvez-vous nous renseigner, s'il vous plaît ?

Rainer poussa un petit grognement dédaigneux. Comment une aussi adorable petite demoiselle pouvait s'être acoquiné avec... "ça".

- Je peux. Mais il faut au préalable décliner votre identité.

Posté : mar. 21 déc., 2010 10:58 am
par Magdalenna
Magdalenna ne se déroba pas lorsque grande Classe mit une main sur son épaule. Elle se tint au contraire bien droite, très fière d'être assez considérée par cette si fascinante créature pour servir d'appui. Et puis, il parlait si bien. Elle aurait du se taire, et le laisser faire. Il avait une voix formidable.

Remarque, à réflexion, ça aurait sans doute été étrange si il avait fait à sa place le compliment sur la moustache.. Compliment qui se devait d'être prononcé, parce que, quand même, c'était une très jolie moustache.

Magda plissa la bouche en une moue indécise. Le chevalier avait beau arborer une pilosité faciale exceptionnelle, il était tout de même un peu vieux, chose qu'elle n'avait pas tout de suite remarqué de loin. Elle fronça les sourcils. Bah, l'amour n'a pas d'âge ! N'était-ce pas ce que disait le vieux Doursin quand il venait faire la cour à sa soeur, l'année dernière ?

Sacré vieux Doursin. Il avait mal fini, le pauvre.

En tout cas, c'était le moment de se présenter. Ce n'était pas encore le discours, pas vrai ? Madga ne se fit pas prier, et oublia encore une fois qu'il valait mieux laisser parler son compagnon.

- Oh, bien sûr ! Je suis Magdalenna Lerameau, et voici monsieur Complainte.

Tout sourire, elle mit une main en éventail à coté de sa bouche, comme pour faire une confidence à son interlocuteur, et parla à mi-voix.

- C'est un non-mort !
Un temps. Mais il est très gentil.

Posté : mar. 21 déc., 2010 11:32 am
par Complainte
***


N'étaient-ils pas adorables ? La fraîcheur de la jeune Magdalenna avait apparemment séduit l'Adjoint, s'il en croyait l'expression réjouie mêlée de fierté qui s'était peinte sur son visage au compliment. Et ça se rengorgeait, et ça gonflait le ventre comme certains de ces oiseaux qui enflent leur jabot pour plaire aux femelles. A-do-ra-ble.

En revanche, une fois levé vers lui - lorsqu'il prit à son tour la parole - le regard de l'Adjoint fut beaucoup moins amène. Dégoût, méfiance et mépris. Bah. Ce n'était pas comme si Complainte n'avait pas l'habitude de ce genre de regard et d'attitude à son égard ; de fait, la sienne - d'attitude - demeura tout aussi neutre et tout aussi courtoise.


- Je peux. Mais il faut au préalable décliner votre identité.
- Oh, bien sûr ! Je suis Magdalenna Lerameau, et voici monsieur Complainte, s'enthousiasma aussitôt la jouvencelle. C'est un non-mort ! Mais il est très gentil."


Il fallut là résister à l'irrésistible tentation de lever les yeux au ciel. Pour ne pas avoir à y céder, Complainte cilla.


- Feu Aléandre Veiling, dit désormais "Complainte", en effet, renchérit-il tranquillement. Enchanté."


***

Posté : jeu. 23 déc., 2010 6:26 pm
par Kothran
Kothran était dans les rangs, au garde à vous et écoutait le discourt de Rainer. Il eu du mal à ne pas exploser de rire lorsque Ruppert se fit remarqué, lui qui débitait tout un tas de bêtises à propos de simples voyageurs qui prenaient simplement le temps d'observer le magnifique paysage d'Elwynn et des soldats qui n'allaient pas tarder à manoeuvrer, il l'avait bien mérité.

Si l'intervention de Ruppert n'avais pas réussi à troubler la discipline des soldats, deux mots y parvinrent.

- C'est un non-mort !

Si certains s'en doutaient, Kothran était bouche bée. Révolté il fit un pas en avant et demanda le plus calmement possible (mais le guerrier était tout sauf calme) :

- Sauf votre respect Adjoint Rainer, qu'est ce qu'on attend pour le charcuter sur place?

Le jeune homme, la main sur le manche de son épée, attendait l'autorisation d'attaquer tout en ne lâchant pas le non-mort du regard et était prêt à dégainer.

Posté : sam. 25 déc., 2010 1:27 pm
par Adjoint Rainer
Le petit Kothran avait le sang chaud.
C'est dingue tout de même comme la prison vous change un gars. Ce petit crétin c'était payé une sacrée punition pour insubordination chronique et violence contre ses propres frère d'armes. De l'eau avait coulé sous les ponts et surtout dans la geôle humide de Kothran, enflammant soudain la foi de celui-ci pour la cause Lordaeronienne. Mine de rien sa sauvagerie était canalisée ... Sur la gueule de tout ceux qui s'opposaient aux porteurs de tabard à cloche. Y'avait du progrès quand on savait que l'écuyer avait commencé sa carrière en tabassant l'Adjoint Rainer.

Enfin là, mieux valait temporiser...

- Du calme Kothran... Du calme.
fit Rainer en posa une main sur le bras de son subalterne. Les consignes de la Connétable sont claires en la matières : "Il faut laisser sa chance à la mauvaise herbe de pousser droit."

Le vieil homme évita de préciser que la fin de la tirade stipulait qu'il fallait tondre si jamais la mauvaise plante se montrait trop "grimpante".

- Accompagne-donc mademoiselle Magdalenna Lerameau et Messire Aléandre Veiling -Rainer insista en usant du patronyme humain de ce dernier- à l'intérieur sous bonne escorte et fait quérir un chevalier ou un officier pour conduire leur entretien.

Posté : dim. 26 déc., 2010 11:34 am
par Kothran
Kothran se figea un instant. Comment étais-ce possible? D'un côté il se sentit un peu trahis, mais de l'autre, "les consignes de la Connétable sont claires en la matières".

Si le séjour en prison de Kothran lui avait permis d'apprendre se calmer d'une manière générale, il lui avait aussi appris la discipline (qu'il n'avait jamais vraiment connu).
Il avait trouvé une sorte de salut dans la discipline, le respect et pour ainsi dire l'obéissance aveugle de ses anciens/supérieurs.
En réalité, le jeune homme avait enfin quelque chose à accomplir - plus souvent qu'il ne l'aurait prévu d'ailleurs - ce qui lui faisait penser, peut être à tord, qu'il avait son importance et que la vie valait encore la peine d'être vécue.

Ainsi, un ordre était un ordre et à plus forte raison s'il venait de la Connétable en personne : le guerrier s'exécuta et lâcha son épée.
Il se tourna vers les deux "invités" de la Connétable et s'inclina, plus pour la jolie fille que pour le cadavre ambulant.

- Veuillez acceptez mes excuses, je n'étais pas au courant.


Après une courte pause il ajouta :

- Et bien je suppose que l'escorte dont parlait l'Adjoint se trouve être... moi. En ce cas, je vous prie de bien vouloir me suivre, je vais vous installer dans la garnison et vous annoncer auprès d'une personne apte à vous recevoir.

La phrase du guerrier était ambigüe mais son attitude ne l'était pas, il avançait d'un pas lent mais parfaitement régulier et déterminé dans la garnison.

C'était certainement l'entrainement militaire...

Posté : jeu. 30 déc., 2010 12:11 pm
par Magdalenna
C'est là qu'apparut un autre chevalier, plus jeune celui là. Magdalenna s'enthousiasma aussitôt. Elle effectua une série de petits sauts sur ses talons et joignit ses mains devant elle pour dissimuler un large sourire ravi, ses grands yeux rivés sur le nouveau venu. C'était comme si on venait de glisser une assiette de gourmandises sous son nez. C'était ça. Une grosse tarte à la fraise.

Il s'imposa dans la conversation en lançant une plaisanterie. Aussitôt, la jeune fille déploya un rire enfantin des plus délicieux, les mains cette fois-ci serrées autour de sa poitrine.

- Oh, vous entendez Monsieur Complainte ? Ils veulent vous charcuter ! Hi hi hi...


Allez savoir pourquoi, cela lui semblait d'une drôlitude sans pareille. Non pas qu'elle puisse penser impossible que son compagnon soit charcutable - en fait, à réflexion, ça serait quelque chose à penser - mais elle était pratiquement sûre que ce beau jeune homme venait de faire une blague. C'était tellement incongru de vouloir charcuter quelqu'un maintenant. Surtout quelqu'un d'aussi gentil que Grande Classe. C'était ça, c'était forcément une blague !

Elle rit tellement qu'elle ne reprit le cours de la conversation qu'au moment où elle prenait fin. D'un geste de la main, elle fit signe d'adieu à Jolie Moustache et emboita le pas à leur si charmant nouvel hôte, tout en vérifiant que son ami le non-mort restait bien derrière elle. Elle aurait été bien malheureuse de devoir affronter la suite sans lui.

Posté : lun. 03 janv., 2011 9:27 pm
par Complainte
***


Ah, non. Non, non, non.

L'intervention impromptue du jeune soldat - le nommé Kothran, d'après les propos de l'Adjoint moustachu - avait laissé Complainte de marbre. Bien sûr, il avait suivi des yeux le geste menaçant du jeune homme, cette poigne portée à l'épée, et toute cette colère à peine voilée dirigée contre lui.


- Sauf votre respect Adjoint Rainer, qu'est ce qu'on attend pour le charcuter sur place?"



Attendant la sentence de l'interpellé, le non-mort n'avait pas bronché. Main toujours posée sur l'épaule de la jouvencelle, l'autre le long du corps, au repos. Pas un mouvement vers sa propre lame, ceinte contre sa hanche. Et pour toute réponse à l'agressivité du soldat, un regard lisse, neutre. Habitué.

Si mépris, dédain, hostilité ou moqueries diverses n'étaient pas réellement capable d'entamer son sang-froid, en revanche, la remarque de l'Adjoint parvint - probablement consciemment, d'ailleurs - à toucher un point sensible.


- Accompagne-donc mademoiselle Magdalenna Lerameau et Messire Aléandre Veiling à l'intérieur sous bonne escorte et fait quérir un chevalier ou un officier pour conduire leur entretien."


Ah, non. Non ! Il avait donné son ancien nom en gage de bonne volonté, pas pour qu'on le retourne comme une arme contre lui. Complainte tiqua. Ses doigts se crispèrent même - oh, très légèrement - sur l'épaule de sa compagne de route.


- Complainte, murmura-t-il, sur un ton légèrement insistant. Complainte. S'il-vous-plaît."


Il y avait malheureusement peu de chance pour que l'Adjoint prenne sa protestation en compte. Ah ! Les bonnes manières se perdaient...

Ce fut avec cette triste constatation en tête que le non-mort emboîta le pas à Magdalenna, elle-même suivant un Kothran plus ou moins calmé. Et même la remarque saugrenue de la jeune fille, et même son rire, ne parvinrent pas tout à fait à effacer sa contrariété du moment.

Com-plain-te. Pourquoi diable les gens tenaient-ils tant à appuyer sur les points les plus douloureux ?
Amusement ? Cruauté, peut-être ?
Monstres !


***

Posté : mar. 11 janv., 2011 11:51 pm
par Kothran
Kothran se tourna vers la "chose" et s'inclina légèrement, même si l'adrénaline était vite redescendue, le doute était encore bel et bien présent.
Il entama néanmoins la conversation tant bien que mal :

- Alors comme ça vous cherchez à vous... repentir, Mr Complainte? C'est... courageux, enfin j'veux dire que... même si quand on est mort le courage n'a plus la même valeur que dans la vie, c'est déjà quelque chose de bien et euh...

Se rendant compte qu'il s'enfonçait et s'embrouillait tout seul, il s'arrêta un court instant pour se remettre les idées en places.

- Bref... suivez moi, enfin passez devant si vous voulez bien vous donner la peine, je vais vous conduire auprès de Madame Lahidi, la directrice du T.R.A.U.M.A. C'est notre sénéchal, elle s'occupe tout ce qui touche de près ou de loin au recrutement et sera plus à même de vous montrer la marche à suivre... enfin, vous voyez ce que je veux dire?


C'est de plus en plus nerveux que Kothran fit entrer les deux voyageurs dans la garnison, en direction du bureau du T.R.A.U.M.A.
C'est vrai qu'il en fallait des... du courage pour aller affronter la dame de glace, et avec un mec refroidit à ses côtés, c'était pire.

Posté : mer. 12 janv., 2011 10:55 am
par Hadjirah
La porte du bureau en question apparut vite devant la petite trouve traversant le bastion.
Un pan de bois simple, le lequel trônait une petite plaque de métal, gravée de quelques mots :

Bureau du comité de T.R.A.U.M.A.
Traitement de la Réorganisation des Affectations Universel, Méticuleux et Autocratique
Pour toute gestion de formalité administrative, vous adresser au Sénéchal Hadjirah Saliha Lahidi ou au secrétaire Paullariand Dourentée. Prière de prévoir à l'avance toute pièce nécessaire à la constitution des dossiers.



Personne n'eut le temps de se décider à frapper. La porte s'ouvrit brusquement face à eux, à l'instant où ils se présentèrent devant. Et derrière elle, l'incarnation vivante de de l'antipathie.

Une draeneï à la peau aussi sombre que son opulente chevelure toisait la petite troupe de sa haute stature, posant sur eux un regard glacial oscillant entre la surprise et le mépris.

D'une voix gràve dont les accents étrangers ne suffisaient pas à réchauffer le ton des plus désobligeant, elle s'adressa à Kothran sans ménagement :
"Si c'est pour une réclamation au sujet des jours de permission, ce n'est pas la peine, Kothran. Vous vous y plierez tous, bon gré mal gré."

Puis, elle laissa glisser son regard perçant sur Magdalena, puis Complainte, s'adressant aux deux avec la même suffisance - au moins étaient ils sur un pied d'égalité :
"Et bien, quoi, vous deux ? Si vous venez m'interrompre dans mon inspection hebdomadaire, présentez vous, au moins, que je sache avec qui je vais perdre mon temps."

Si elle avait laissé à Kothran le temps de les introduire, sans doute l'aurait il fait. Mais si la draeneï parlait lentement, avec une morgue à vous hérisser, elle ne lui avait pas pour autant laissé le temps de faire les présentations en bonne et due forme.

Et elle en semblait maintenant tout à fait irritée.