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Peut-être ...

Posté : ven. 23 oct., 2009 6:14 pm
par Lyranys
Ayant salué une dernière fois mes compagnons qui maintenant seront moins proches, je ne parvenais pas à retenir un soupir …

Encore une fois ma déception est grande, pensais-je. Mais ces étapes de l'existence sont l'occasion de faire le point, et je me remémorais quelques étapes de mon existance.

Des temps si lointains, me semble-t-il, de ma venue dans ce monde au sein du royaume voisin de Krasus, à ma migration vers celui-ci auquel les forgerons Nains, éblouis de leur chef d'œuvre réalisé pour le fils d'Odin, ont donnés le nom de Thorium ; voilà bien une quête qui reste cruellement inachevée ! L'oracle avait pourtant été bien clair, les règles de ce royaume étaient de s'intéresser aux affaires de ce monde, il devait être peuplé de ces êtres raisonnables qui s'occupent de la réalité d'Azeroth, et non de ces fous qui ne parlent que des rêves qu'ils font dans leur sommeil et qui les occupent encore dans leur éveil …
Ma vie d'Elfe de la Nuit, par sa longueur et par notre culture de sagesse, me prémuni pourtant quelque peu de la naïveté ! Aussi, avant d'envisager ma migration, je profitais de la naissance d'une de mes sœurs pour me faire une idée factuelle de la réalité de ce royaume.
La pauvre créature n'ayant pas eut la chance d'être née sous la douce protection d'Elune, elle en plus bien du mal à y trouver des compagnons raisonnables … mais elle y parvint finalement et sus me convaincre de l'y rejoindre !
Je migrais donc et le voyage fut sans encombre, j'arrivais peut après que les plus vaillants compagnons d'Azeroth décidèrent de partir à la reconquête des terres glacées du Nord.
Je m'y trouvais fort bien et mes nouveaux compagnons m'accueillirent plaisamment.

Malheureusement de grandes tensions internes se firent jours dans cet ordre et la situation se dégrada, la première victime fut la raison : les affaires de ce mondes passèrent à l'arrière plan et bientôt il n'en fut plus question : je demeurais seule à suivre les préceptes de cet ordre que je n'avais point fondé, essayant par l'exemple de ramener mes compagnons à la raison … rien n'y fit ! Épuisée après des mois de lutte, voyant qu'aucun espoir ne subsistait, je décidais de quitter cette société.

Gardant pour chacun de ses membres une profonde affection, mais ne trouvant plus dans leur comportement, contraire à leurs propres règles, le plaisir d'une sociabilité épanouissante.
Je prenais résolution de profiter de ce milieu d'automne et de l'hiver naissant pour faire quelque retraite et méditer en paix sur les terres de ma jeunesse avant que le cataclysme annoncé ne les écorche de ses flammes. Quelques amis m'invitèrent à rejoindre leurs sociétés, mais leurs règles par trop légères, n'annonçaient rien de durable ; et mes expériences ont appris à mon côté félin, même s'il n'est pas dominant chez moi, à se méfier même de l'eau froide ^^.

Je portais attention toutefois aux paroles d'un de mes amis, il m'informa que sa compagne appartenait à un ordre qui semblai, selon lui correspondre à mes attentes.

Restant résolue à ma retraite automnale, c'est avec une curiosité détachée que je décidai de parcourir le registre de cet « OST pourpre ».


Posté : ven. 23 oct., 2009 7:27 pm
par Doreane
Un épouvantable orage avait éclaté sur la forêt d’Elwynn et Doreane, qui en bonne citadine était incapable de prévoir ce genre de choses, s’était retrouvée en plein dans la tourmente alors qu’elle revenait de Hurlevent. Elle venait de finir de bouchonner sa pauvre jument et avait commencé à piquer un sprint jusqu’à la tour de garde quand elle aperçut une silhouette indistincte devant la porte du bastion. D’après les oreilles il s’agissait d’une elfe, et elle ne paraissait pas très décidée à s’approcher. L’eau qui lui dégoulinait dans les yeux empêchait la voleuse de distinguer grand-chose d’autre, si ce n’est l’air stoïque avec lequel elle supportait la pluie battante. Après une très légère hésitation la jeune femme fit demi-tour et héla de leur visiteur, sans y mettre les formes, ce qui était excusable au vu des trombes d’eau qu’elles prenaient toutes les deux sur la tête.

« Bonjour ! Suivez-moi, ne restez pas là ! »

Elle se dirigea à nouveau vers l’abri relatif des écuries, histoire de recommencer l’étape numéro 1 : mettre au sec les montures. Ensuite peut-être aurait-elle enfin l’occasion de se mettre au sec et d’avaler quelque chose de chaud. Et de s’intéresser un peu plus à la nouvelle venue.

(HRP: hello, c'est moi la femme de Nikboi. Sauf que RP parlant je ne le connais pas st suis célibataire, donc a priori je n'ast jamais entendu parler de toi :-) Ce qui ne m'empêche pas de venir t'acceuillir devant notre bastion, à la suite de quoi tu pourras postuler si tu le souhaites auprès de nos officiers)

Posté : ven. 23 oct., 2009 10:08 pm
par Lyranys
En parcourant les pages de l'épais registre des postulants je constatais que s'ils n'étaient pas si nombreux, leur intronisation n'allait pas de soi !

Bien ! Pensais-je, voici des êtres qui semblent sérieux et même avec plus de 40% d'humains , il y a peut-être …

Une voix m'interrompit à ce stade de ma réflexion.

_ Suivez-moi ne restez pas là !

Pourquoi donc cette humaine courrait-elle et semblait si agitée … ces humains sont si déroutants !
Le ton de sa voix semblait vouloir me protéger de quelque chose ? Mes sens n'ont pourtant rien perçu d'anormal, mis à part cette arrivée galopante un peu trop rapide pour le pauvre animal qui risque bien de glisser par ce beau temps humide, surtout que son fer avant droit est déjà bien usé …
Enfin, suivons là et voyons ses intentions.

Les écuries qu'elle m'indique semblent appartenir à l'OST, ferait-elle partie de ces « êtres sérieux » ?

Je me met en marche vers le lieu des montures humaines, profitant de chacune des gouttes qui se pose sur moi. Haaa, un temps magnifique, une belle nuit s'annonce et mon humeur est aussi plaisamment sombre que ce temps merveilleux.
Mais pourquoi s'abstraire de cette bénédiction d'Elune pour discuter, enfin, rien ne devrait altérer cette belle soirée !

_ Yshnou alaha charmante écuyère, *s'incline*.

Le petit être semblait transi de froid et mes pouvoirs de guérisons ne sauraient la soulager … Il me semble bien que les humains réagissent thermiquement à l'une de nos plus belle création … Sans attendre sa réponse je décidais d'essayer !

_ Vous semblez avoir froid, tenez voici un remède qui, si ma mémoire est bonne, pourrait vous réconforter !

A ces paroles je lui tendis une fiole d'Hypocras au cumin …

(HRP : Merci de votre accueil ! Nikboi ne m'avait pas précisé si votre alliance était RP ou non ^^.
La charte de guilde est magnifique ! Si le on-line est animé du même bel esprit Vous êtes bien chanceuse d'appartenir à un tel ordre.)

Posté : ven. 23 oct., 2009 10:27 pm
par Doreane
Doreane attendait dans l'écurie, grelottant de froid et tapant du pied pour se réchauffer, que l'elfe la rejoigne. Ou plutôt, elle regardait éberluée l'elfe qui prenait tout son temps pour la rejoindre, comme si on profitait d'une belle journée ensoleillée.

" Yshnou alaha charmante écuyère. Vous semblez avoir froid, tenez voici un remède qui, si ma mémoire est bonne, pourrait vous réconforter !"

Il en fallait beaucoup pour couper le sifflet à la jeune femme, pour qui railler et plaisanter étaient une seconde nature, et qui ne se taisait que sur ordre officiel d'un de ses supérieurs. Pourtant elle ne trouva rien à répondre à cette entrée en matière complètement décalée: pour un peu elle aurait cru que c'était l'elfe qui l'accueillait dans son domaine et non l'inverse. Il faut dire qu'elle présentait un tableau assez pitoyable, avec ses cheveux trempés qui lui pendaient le long du visage et ses vêtements de cuir imbibés d'eau qui devaient être, de fait, très inconfortables. A cours d'inspiration elle se saisit de la fiole qu'elle avala d'un trait. La méfiance n'était pas non plus son trait de caractère principal. Et elle s'en félicita en sentant une chaleur bienfaisante se répandre dans ses veines.

"Eh bien merci. Euh, J'ai supposé que vous aviez à faire au bastion? j'espère que je ne me suis pas trompée... Enfin, si vous le voulez, laissez votre monture ici, et je vais vous accompagner à l'intérieur. Au fait, je m'appelle Doreane. Et vous êtes?"

Un peu dépassée par la situation la voleuse guettait la réaction de son interlocutrice, cherchant un indice sur la raison de sa présence ici. Autre que de se faire copieusement doucher.

Posté : sam. 24 oct., 2009 6:37 pm
par Lyranys
Je ne fus pas surprise outre mesure que le merveilleux breuvage soit englouti d'un coup, j'ai quelque habitude des humains. Mais le résultat escompté se produit, et c'était là le principal. Semblant reprendre quelques couleurs humaines, la jeune femme se présenta et m'incita dans une même phrase à justifier ma présence, à laisser ici ma monture et à dévoiler mon identité.

_ Enchantée Dame Doreane. La raison de ma présence en ces terres humaines n'est en effet pas fortuite, et devant votre Maison moins encore.

Sans quitter son interlocutrice des yeux, Lyranys fit un geste désignant les abords du Bastion plantés de jeunes arbres. Ce spectacle figurait pour elle le rapport à la nature de ses occupants, ce qui pour Elfe doublée d'une Druidesse et triplée d'une Herboriste avait plus que de l'importance.
Bien sûr cette plantation n'était pas naturelle, les alignements parfaitement rectilignes trahissaient l'idée d'une nature organisée, maîtrisée : en bref une nature non naturelle ! Mais bon, après avoir dévasté les lieux pour bâtir leur Maison, les meilleurs des non-Elfes replantent ensuite, c'est un moindre mal !

_ Vous ne vous êtes donc pas méprise sur mes intentions, j'ai parfois aidé certains des membres de votre Ordre dans les justes défenses de ce monde. Le seul dont j'ai gardé souvenir se nomme Valdem je crois, mais ma mémoire est légère, je ne saurais dire en quelle occasion, ni s'il était seul. Veuillez me pardonner de cette négligence.

En effet, ni la mémoire des noms, ni celle des lieux n'étaient le fort de Lyranys, et il lui arrivait encore souvent de se perdre en des lieux qu'elle avait pourtant parfois longuement fréquenté.

_ Je suis en quête de nobles compagnons et de fragiles guerriers et je pense pouvoir trouver ici les deux, m'abusais-je ?

Je guettais sur le visage de Doreane l'effet de cette tournure ...

Posté : dim. 25 oct., 2009 5:49 pm
par Doreane
Doreane papillonna un instant des yeux en tentant d'intégrer ce qu'elle venait d'entendre. Au même instant un éclair déchira le ciel, éclairant brièvement la scène d'une lumière blafarde, et renforçant la sensation d'irréalité qu'elle éprouvait en présence de cette étrange elfe.
Elle se reprit néanmoins et s'efforça de faire honneur à la réputation de l'Ost en faisant preuve de la plus grande courtoisie, tout en gardant un minimum de prudence. Elle n'aimait pas ce qu'elle ne comprenait pas.

"De nobles compagnons, vous allez en trouver c'est certains. Par contre je ne qualifierais pas nos guerriers de fragiles... Il semble que ce temps épouvantable n'ait pour vous aucun désagrément, mais si vous n'y voyez pas d'inconvénient, nous continuerons à l'intérieur."

Sur ces mots elle s'élança à nouveau sous la pluie battante sans attendre l'elfe qui ne semblait pas connaître la notion de précipitation, et l'attendit dans le hall, une flaque d'eau se formant lentement à ses pieds. Une fois rejointe, elle indiqua de la main le ratelier:

"Je vous remercierais de bien vouloir déposer ici tout ce qui ressemble à une arme. Je peux vous assurer que vous ne risquez rien en nos murs. Je vais vous conduire dans un de nos salons de réception et voir si je peux trouver un officier qui sera, j'en suis sûre, plus à même de répondre à vos questions. Comment avez-vous dit que vous vous appeliez déjà?"

Posté : dim. 25 oct., 2009 11:12 pm
par Lyranys
Aux battements de cils éberlués de la jeune Humaine, je compris que l'effet de confidence entre femmes vêtues de cuir concernant les adorables brutes vêtues de plaque qui nous protègent en prenant vaillamment les coups était une option que mon interlocutrice n'avait pas retenu. Il était un peu tôt pour ce genre de clin d'œil, et je m'en voulais d'avoir pu choquer mon interlocutrice. Au delà de l'humour j'allais essayer de lui exprimer ce que j'entendais par cette recherche de la fragilité …
Mais au moment d'ouvrir la bouche un magnifique éclair illumina le ciel, ce spectacle grandiose m'inonda de plaisir et fit, un court instant apparaître les alentours comme baignés par la lueur d'une pleine Lune. Encore toute impressionnée et ravie un sourire se dessina malgré moi sur mes lèvres.
Ce plaisir ne semblait pas partagé et ce fut Dame Doreane qui prit la parole en premier :

"De nobles compagnons, vous allez en trouver c'est certains. Par contre je ne qualifierais pas nos guerriers de fragiles... Il semble que ce temps épouvantable n'ait pour vous aucun désagrément, mais si vous n'y voyez pas d'inconvénient, nous continuerons à l'intérieur."

Le ton irrité de ces paroles, qu'essayait de masquer toute la noblesse de mon interlocutrice, m'indiqua que je ne me fourvoyais pas dans mon analyse. Je ramassais mon sourire en espérant qu'il ne fut pas mal interprété … La communication avec les Humains n'est pas chose facile pensais-je, mais je me consolais en me disant que j'eus pu tomber sur un Nain ^^.

_ Dame Doreane je …

Elle venait de joindre le geste à la parole et à en juger par la pointe de vitesse que fit la jeune Femme pour entrer dans le donjon, je compris quelle était sa classe.
Je renvoyais mon Sabre de Brume vers la forêt, déclinant sans pouvoir l'expliquer l'offre qui m'avait était faîte de le laisser à l'écurie : bien que peu agressif en ma présence, les Sabres ont les dents longues et il eut été encore plus difficile d'expliquer à Dame Doreane pourquoi ne restait de sa jument que les 4 fers !

Je forçais mon pas pour la rejoindre à l'entrée de la Maison de l'OST Pourpre, profitant de chacune des gouttes qui voulaient bien m'honorer de leur fraîcheur. Ma célérité fut bien faible en comparaison de celle de la voleuse ... j'eus bien changé de forme pour courir à ces côtés, mais je me ravisais : la présence soudaine d'un Félin, souriant de ses longues canines, à ses côtés n'eut pas servi la communication entre nos deux races !

Que de précautions à prendre avec les humains …

J'arrivais donc dans le hall du plus vite que je pus, cela sembla un peu long pour la rapide Voleuse ; j'en fut attristée pour elle, mais cela ne dut pas se voir tant les charmes que la nature avait déployée sous mes yeux et sur ma peau agissaient encore sur mon être.

"Je vous remercierais de bien vouloir déposer ici tout ce qui ressemble à une arme. Je peux vous assurer que vous ne risquez rien en nos murs. Je vais vous conduire dans un de nos salons de réception et voir si je peux trouver un officier qui sera, j'en suis sûre, plus à même de répondre à vos questions. Comment avez-vous dit que vous vous appeliez déjà?"

Je ne savais plus comment réagir … Devais-je « jouer à l'humaine » pour être comprise ou me draper dans mon Elfitude … La deuxième solution n'était pas de mise : je ne serais pas venu sur ces terres Humaines si je n'étais prête à la tolérance avec nos alliés … L'autre face de cette alternative bien binaire m'était de toute façon impossible : je joue très mal !
Entre le pile et le face, je tranchais donc et décidais de rester moi : Lyranys !

Et fière de cette décision, ce furent les premiers mots qui sortirent de ma bouche :

_ Lyranys, Elfe de la Nuit, Druidesse et Heal sorts et âme !

Je rougis de cette fougue et de l'aspect désordonné de ma réponse … Je n'avais encore pas fait un pas vers le râtelier …

_ Heuuu …

Finalement, c'était dit ! Mal dit, mais dit ! Alors autant rebondir ...

_ Ces terres étant alliées je n'ai pas crains de devoir me défendre, et …

Embarrassée par le véritable motif de son préalable désarmement volontaire, l'Elfe marqua une brève pause afin de bien choisir ses mots …

_ Votre Maison étant le but de mon déplacement, la perspective d'y pénétrer armée est une provocation que ma politesse m'interdit ! Nous avons beau être en guerre le respect des amis est plus important que la haine des ennemis !

A la réflexion ces mots « bien choisis », prononcés sur un ton des plus convaincus, pouvaient aussi s'entendre comme un reproche : celui de ne pas partager les mêmes valeurs …
J'essayai d'ajouter un effet de relativisme :

_ Enfin … c'est mon point de vue. Je viens à vous en paix … et d'ailleurs je me sers rarement d'armes.

Aïe, je rougis à nouveau … il n'était pas certain que cette dernière remarque, lancée de façon désinvolte, soit appréciée par un ordre qui semblait bien militaire !

Mais cessons de nous tracasser, pensais-je, maintenant que ma classe leur est connue ils relativiseront sûrement nos différences …

Je lançais un léger sourire à Dame Doreane.

Je n'étais plus aussi à l'aise entre ces mûrs que sous la douce pluie d'Elune.
J'étais maintenant dans leur domaine, et alors même qu'il me semblait qu'un lien s'établissait avec Dame Doreane ; elle tournait les talons en quête d'un officier ...

Posté : lun. 26 oct., 2009 9:52 pm
par Doreane
Doreane regarda l'elfe se débattre et rougir. Apparemment elle n'était pas plus à l'aise qu'elle même, ce qui lui ôtait un peu de son coté impressionnant mais la rendait aussi plus sympathique. Elle lui sourit à son tour, espérant la réconforter un peu.

- Enchantée de vous connaître dame Lyranis. Les soigneurs sont toujours les bienvenus en ces murs, et votre prévoyance vous honore. Suivez-moi, je vais nous installer un peu plus confortablement.

Doreane la guida entre les imposants couloirs en pierre de taille, un peu austères il faut l'avouer, et dénotant clairement le but militaire de l'édifice. Mais derrière la porte qu'elle ouvrit le décor était tout différent: fauteuils, tentures, étagères pleines de livres, l'endroit était chaleureux et accueillant, et tout à fait approprié à recevoir des visiteurs dans les règles de l'art.

- Prenez place je vous en prie.

La première chose que fit la jeune femme fut d'allumer un feu dans la cheminée, non que la température fut glaciale, mais elles étaient encore trempées et l'une d'entre elles au moins commençait à frissonner.

- Voulez-vous quelque chose à boire? Je vais faire amener du thé, ou du vin si vous préférez.

En général Doreane se servait elle même mais vu les circonstance elle décida qu'elle pouvait faire appel à un garde sans outrepasser ses droits.

- Je vais également partir chercher un officier, peut-être pourriez-vous me préciser le but de votre visite, ou si vous souhaitez voir quelqu'un en particulier?

Elle était assez fière d'elle même, les mondanités n'étant pas son fort elle estimait s'en sortir honorablement.

(hrp: petite précision, en rp les classes n'existent pas, ou du moins pas sous ce terme ^^)

Posté : sam. 31 oct., 2009 5:39 pm
par Lyranys
Dame Doreane venait de répondre à mon sourire et m'invitait à la suivre par de douces paroles. Cela me réconforta un peu ; mes premiers contacts avec les autres races de ce monde sont souvent délicats, et les humains sont pour moi parmi les créatures les plus exotiques de ce monde ! A mi-chemin entre Nous et les Nains, qui eux sont résolument d'une autre nature, les humains semblent la plupart du temps compréhensibles … mais au final il est rare que nous ne dussions chacun décaler nos phases afin se retrouver sur une longueur d'onde commune.
Cette diversité est aussi un moteur de nos progressions ...
Les couloirs que nous parcourions étaient classiques de cette architecture humaine, et révélateur de leur culture guerrière ; de la pierre, de la pierre, des murs épais et un filet de lumière passant d'une mince fissure, des torches accrochées aux murs venant parfois rehausser la faible lumière que ces anfractuosités autorisaient à pénétrer. Que de contraste avec la légèreté vivante de nos habitats Darnassiens où l'ouverture prédomine sur le clos …

- Prenez place je vous prie. Dit Dame Doreane.

Nous étions arrivées dans une pièce plus claire, aux larges ouvertures fermées de vitraux colorés, les lourdes tentures et les armoiries de l'OST Pourpre couvraient une grande partie des murs, une imposante bibliothèque occupait tout un pan de la pièce … La jeune Humaine s'affairait à préparer un feu ; il est vrai qu'en ces lieux minéraux la fraicheur vous saisit aisément, mais je ne pus m'empêcher d'être attristée par ce spectacle du bûcher où se consumaient d'anciens arbres réduits à l'état de tronçon thermogène.

- J'aurai grand plaisir à partager un Thé avec vous. Répondit l'Elfe à l'invite de l'Humaine.

- Je vais également partir chercher un officier, peut-être pourriez-vous me préciser le but de votre visite, ou si vous souhaitez voir quelqu'un en particulier?

Il est vrai que l'eau avait précipité les évènements et mon accueillante interlocutrice et que le but de mon passage n'avait pas était clairement explicité.

- Je passais en ces lieux pour m'informer plus avant sur votre ordre. Car le soin motive mon existence et pour exercer mes talents je recherche des compagnons dont la cause mérite d'être soutenue. Si la noblesse de vos membres est à l'image de la votre, Dame Doreane, je pense ne pas m'être fourvoyée en faisant halte devant votre Maison.

- Comme je vous l'ai dit, je n'ai eu l'honneur de soutenir les combats que de Messire Valdem et, cela me revient, de Dame Aurys. Mais faites selon vos procédures, je serais flattée d'être reçue par celui ou celle que vous désignerez.


Ayant préféré demeurer debout, je m'inclinais vers Dame Doreane.

La chaleur du feu commençant à déshumidifier l'Humaine, il semblait aussi que l'ambiance en fut aussi réchauffée...


(HRP : Je prends bonne note des coutumes locales, merci de me les enseigner ^^)

Posté : dim. 01 nov., 2009 11:58 am
par Doreane
Le garde ayant fait célérité, le thé arriva dans les minutes suivant la demande de Doreane. Elle servit Lyranys, qui préférait apparemment rester debout, tout en l'écoutant énoncer le but de sa visite. Elle même commençait à reprendre des couleurs sous la chaleur des flammes, même si elle attendait avec impatience de pouvoir remplacer ses vêtements trempés par quelque chose de sec. Elle aurait bien proposé à l'elfe des affaires sèches également, mais celle-ci n'avait montré jusqu'à maintenant aucun signe d'inconfort, et elle ne voulait pas la vexer. Après tout c'était une elfe, et les elfes ont quelques fois des comportements bizarres, mieux valait faire comme si de rien n'était.

"Ainsi vous avez déjà rencontré notre connétable? Je comprend qu'elle vous ai fait grande impression. Valdem aussi bien entendu... Eh bien je vais voir si elle est disponible, sinon un autre officier viendra vous trouver, ils sont tous parfaitement capables de répondre à vos questions et de juger de votre candidature".

Elle eut peur que ses derniers mots n'aient été un peu durs, aussi ajouta-t-elle rapidement:

"Vous avez très bien fait de venir, l'Ost Pourpre est effectivement un ordre dont la cause mérite d'être soutenue, et si vous me trouvez noble, attendez d'avoir rencontré les autres... Je suis sûre que tout se passera bien."

Doreane adressa à l'elfe un dernier sourire et sortit dans le couloir. Elle décida d'aller directement frapper au bureau d'Aurys, et si elle ne l'y trouvait pas, elle espérait bien trouver un officier sur le chemin...

Posté : dim. 01 nov., 2009 12:49 pm
par Lomah de Sangre
- Non ! Non et NON !!

Un petit scribe aux traits juvénile s'enfuit du bureau mitoyen d'Aurys en tentant d'échapper à une liasse de feuillets qui vola au dessus de sa tête pour s'écraser sur le mur. Le vélin vole bas cette année.

-... Lorsque vous saurez dignement tournez un courrier administratif pour le roi vous reviendrez fouler le sol de mon bureau ! Pas avant ! Hors de ma vue stupide cancrelat analphabète ! Ouste !


La voix autoritaire aux inflexions racées de la Chambellan claqua dans le couloir à écho régulier tandis que le pauvre jeune homme, -rouge pivoine- ramassait à la hâte son travail répandu sur le sol pour fuir le plus loin possible du terrible Dragon Roux.

- Peuh... ces jeunes puceaux sont de véritables criminels de la plume...

La silhouette infiniment séduisante - surtout dans cette robe corseté en soie turquoise dernier cri, au motif brodés d'or aussi discrets extrêmement couteux - de Lomah de Sangre se découpa dans l'encadrement de sa porte.
Elle remarqua Doréane avec un haussement de sourcil dubitatif :


- Plait-il, écuyère ? Si c'est Aurys que vous venez déranger, elle est actuellement....
(comment expliquer qu'elle tentait de compenser la dépression générée par la promotion de Demes auprès du Trésorier en essayant de le "soulager" sa peine...) Hum... occupée.

Un battement de cil fardé marqua cette brillante déclaration.

Posté : dim. 01 nov., 2009 1:11 pm
par Doreane
Doreane suivit avec intérêt un jeune homme s'enfuir du bureau de Lomah, suivit de prêt par une liasse de papier et la voix fort reconnaissable de la chambellan. Elle détailla d'un oeil discret la tenue de Lomah: définitivement pas pratique, mais rien à dire, ça avait de l'allure.

- Plait-il, écuyère ? Si c'est Aurys que vous venez déranger, elle est actuellement.... Hum... occupée.

Ne s'interessant pas plus que ça aux affaires de la connétable Doreane ne s'interrogea pas sur cette réponse laconique, d'autant plus que Lomah étant elle-même un officier elle ferait très bien l'affaire.

- Il y a une elfe qui s'est présentée au bastion, pour avoir des renseignements sur l'Ost et pour postuler. Elle a déjà rencontré Valdem et la connétable sur un champ de bataille. Elle s'appelle Lyranys. Je l'ai installée dans le salon de réception en bas, je cherchais un officier pour prendre la relève. Seriez-vous disponible?

Loin de la cheminée Doreane avait recommencé à frissonner, et elle lorgnait par la fenêtre la pluie qui continuait à tomber. Il allait falloir qu'elle ressorte pour rejoindre sa chambre. Malgré toute l'estime qu'elle portait à la visiteuse, elle espérait vraiment pouvoir passer le relais. Et si l'elfe aimait la noblesse, elle allait être servie...

Posté : dim. 01 nov., 2009 2:14 pm
par Lomah de Sangre
Je soupire.

Encore une corvée... Enfin, sans doute cela pourra-t-il me distraire de mon précédent agacement.


- Puisque le devoir s'abat sur moi tel un couperet, je ne peux que m'y résoudre.

Je m'élance dans le couloir avec ma démarche habituelle : je suis belle, je le sais et je ne m'en cache pas. Je laisse là Doréane et son regard perdu par la fenêtre et avant sa silhouette ne disparaisse de ma vue, je lui lance, un sourire chafouin au lèvre :

- Ma chérie, je sais que vous tenez à ressembler à un chat de gouttière, mais je vous déconseille de sortir par ce temps, où bien vous risquez fort d'être aussi trempée que dépenaillé. Je crois que le Sergent Intendant a préparé du vin chaud en cuisine... A bon entendeur !

Mon éclat de rire se perd dans le corridor alors que j'atteins le salon de réception. Mon entrée est magistrale - Mais ne le suis-je pas toujours ?- et déjà ma gorge voluptueuse charrie les premiers grêlons :

- Je vois que l'orage nous apporte toute sortes d'animaux égarés !

Je souris avec le charme crépitant qui est le mien- et qui va de soit bien évidemment.

- Lomah de Sangre, Baronne des Arcanes de Sangre, Chambellan de l'Ost Pourpre. Il me semble que je suis l'officier que vous avez requis... ?

Posté : dim. 01 nov., 2009 2:29 pm
par Doreane
Doreane vit la chambellan partir telle une tornade rousse, et choisit de ne retenir de sa dernière pique que la partie concernant le vin chaud... La pluie finirait bien par s'arrêter de toute façon. Elle s'éloigna donc vers les cuisines en récitant mentalement des prières à des dieux indistincts pour que Lyranys survive à ce qui l'attendait...

Posté : dim. 08 nov., 2009 1:18 am
par Lyranys
Le thé est un lien entre les civilisations, il est ce moment de calme et de complicité qui unit les convives, surtout s'ils sont en petit nombre, et durant lequel, que la parole s'échange ou non, les âmes se rapprochent …

Lorsqu'il arriva, porté par un tout jeune page, Dame Doreane me servit, je finis par m'assoir ; le thé ne se partage pas debout. Elle but le sien rapidement, et au delà des paroles de circonstances sur ma venue et l'institution qui nous accueillait en ses mûrs, nos regards suffisaient à notre entente et semblaient placer pour la première fois nos esprits sur le même calme plan. Puis elle se leva et partit chercher le fameux officier dont elle me parlait depuis un moment ...
La prolongation de cet instant de paix eut pourtant suffit à mon contentement, et, il me semble, au sien ; mais la tension du devoir, celui de respecter les strictes règles d'une hiérarchie toute militaire, la dépêchait à me présenter à un officier qui jugerait de l'opportunité de mon maintient en ces murs.

Peu de temps après son départ, un claquement dans le couloir vers lequel Dame Doreane avait disparu, ne put qu'attirer mon attention. Celle-ci ayant refermé la lourde porte de bois derrière elle, les sons me parvenaient quelque peu étouffés ; il me sembla pourtant que le courroux dont j'entendais les échos n'étaient pas dirigés vers celle qui m'accueillit, j'en fus rassurée. Le bruissement de quelques feuilles ramassées à la hâte, des pas précipités dans le couloir attenant ainsi que le peu que je pus discerner des paroles que filtrait l'épaisse porte achevèrent de me convaincre.

- ... vous ... digne ... courrier … toi … fouler ... pas avant … à vue ... entrelacs ... Ouste !

Bien des sens pouvaient êtres reconstitués à partir de ces bribes, je ne pus m'empêcher de croire à un différent concernant une épreuve sportive ou quelque activité physique liée à la course.
Mais cela avait peu d'importance.

D'autres pas, fermes et assurés, claquaient maintenant hardiment sur le pavage dudit couloir alors qu'un éclat de rire raisonnait en écho sur les imposants murs. Peu avant de parvenir à la porte, la voix portée par ce pas décidé proféra suffisamment clairement, pour que je ne pus douter qu'elle s'adressa à moi, une formule destinée à imposer le ton de la conversation :

- Je vois que l'orage nous apporte toute sortes d'animaux égarés !

Je souris, impavide, en songeant à l'effet que ce prolégomène avait pour projet d'induire chez l'interlocuteur … Mais il annonçait le personnage qui d'emblée voulait assoir sa domination ! Qui donc cette demoiselle, car la voix, ferme autant que le pas, ne laissait à ce sujet aucun doute, s'attendait-elle à découvrir derrière la porte …

Quoiqu'il en fut elle l'ouvrit !

Du même pas l'officier se dirigea vers la table où se tenait l'Elfe, impassible, contemplant d'un air recueilli la tasse de thé qu'elle tenait de ses deux mains en une posture très étudiée. Arrivée devant ce que l'Elfe, par son recueillement, transformait en une sorte d'autel, les paroles volontairement iconoclastes de la demoiselle avaient visiblement pour but d'anéantir tout ce qui ne se rapportait pas à elle même.

- Lomah de Sangre, Baronne des Arcanes de Sangre, Chambellan de l'Ost Pourpre. Il me semble que je suis l'officier que vous avez requis... ?

L'Elfe leva doucement les yeux et, malgré le ton volontairement dominateur de son interlocutrice, ceux-ci n'étaient remplis que d'une ferme douceur, un léger sourire brillait sur ses lèvres. Elle recula lentement son siège, se leva et s'inclina avec une grâce et un calme qui semblait vouloir répondre à la fougue provocatrice de l'Officier :

- « Asha felha Dame Lomah »

Levant les yeux sur celle qui, après Dame Doreane, venait m'accueillir en ses lieux, je découvris une jeune Humaine à la beauté rayonnante que venait rehausser une robe de grand prix, brodée d'or et de perles : tout ce que l'aristocratie Humaine pouvait produire de plus baroque. Je ne pus réprimer un léger sourire traduisant tout à la fois le plaisir esthétique que me procurait la beauté de l'être et l'amusement du décorum que sa parure et ses manières traduisaient.

La filiation est une chose importante chez les mortels, chez nous aussi ; mais nous la vivons rarement de la même manière … A cette comparaison un souvenir me revint : il avait donc bien fini par avoir raison ! Ce déjà vénérable Kal Clairematin, qui nous enseignait l'onomastique Humaine sur les bancs de l'école Elfique, l'avait prédit : mon incurie en cette matière allait bien finir par me nuire ! Impossible de me souvenir de la lignée des « De Sangre » et encore moins de leurs Arcanes !
Toutefois, à en juger par la flamboyante rousse qui soufflait un si brillant feu, la famille dont elle était issue devait avoir acquis sa noblesse il y a quelques siècles … Voyons que je me souvienne un peu : Lomah DE … DES … DE … DE : L de des de de … L2D2 donc ! Du moins dans la théorie anthropologie de Strauss-Lucas où l'on omet la particule relative à la fonction …
Les L2D2 sont en général issus de lointains ancêtres s'étant distingués au combat, par leur courage, mais restent souvent un peu frustres. Ces victoires leur apportent d'abord la renommée, la génération suivante profite de celle-ci pour s'élever dans l'échelle sociale locale. Ainsi de suite jusqu'à ce que le temps de leurs nobles ascendants leur soit aussi étranger que leur véritable noblesse : courage et humilité.
L'onéreuse parure que revêtait ma vis-à-vis et le dédain provocateur de ses paroles me firent estimer la naissance de la famille à 250 ou 300 ans.
Mais le ton à la fois charmeur et autoritaire, le maintient hautain et aristocratique, ainsi qu'un dandysme assumé me désignait une Humaine des plus intéressante ! Certes, il y avait davantage de noblesse chez Dame Doreane que dans l'accastillage qui paraît la Dame et ses paroles … Mais il y avait ce que seuls les siècles passant sur une ancienne noblesse pouvait produire : l'aristocratie !

Je ne pus , à nouveau, réprimer un sourire en constatant que si je restais nulle en onomastique Humaine, il me restait quelques souvenirs de mes Humanités !

C'est donc avec un large sourire que l'Elfe s'adressa au flamboyant Officier …

- « Je n'ai certes pas le pouvoir de vous requérir, mais je suis honorée que vous vous soyez déplacée pour m'accueillir. Lyranys, Elfe de la Nuit, pour …»

L'Elfe n'avait aucune intention de jouer les servantes, ni ici, ni ailleurs ! Elle était investie de ce qu'elle pensait être la véritable noblesse, celle du petit clan Elfe de la Nuit dont elle était issue. Une communauté qui passait parfois pour sectaire tant leurs exigences étaient élevées ...

- « … vous apporter mon soutien. Je n'ai que rarement entendu parler de votre Ordre ; mais les plus belles gemmes sont souvent conservées à l'abri des regards … Et pour ce qu'il m'est donné d'en apercevoir … l'écrin est joli. »

Lyranys avait prononcé ces phrases d'un ton à la foi réservé et solennel, à peine si les derniers mots avaient été accompagnés d'une légère modulation et d'un signe détaillant facétieusement son interlocutrice …