Silence.
Son de la plume sur le papier.
Et à nouveau ce regard glacé et inquisiteur posé sur Wilk.
Elle analysait tout, cette gorgone rigide, avec l'air de vous scruter l'âme plus assurément que tous les démons avides de pactes peu recommandables.
Puis elle laisse à nouveau entendre sa voix aussi froide que son accent inspire la chaleur. Un contraste qui ne lasse pas d'étonner ceux qui la connaissent mal. Pour les autres... en la connaissant bien, on a sans doute autre chose à penser que les aléas d'un accent :
"Au moins les choses sont claires. Nous ne manquons pas de suiveurs décérébrés, comme dans tout ordre militaire se respectant. Un peu de détermination ne fait pas de mal. Et la votre est sans doute solide, si vous nous faites l'honneur de passer au dessus de votre appréhension avouée de la discipline."
Un sarcasme ? Difficile de dénouer le second degré de l'absence d'humeur que suppose son attitude stoïque :
"Et ma foi, si vous vous avérez vraiment trop ingérable, nos places en première ligne sont toujours disponibles. Une vraie plaie, cette incapacité qu'ont parfois nos armures à arrêter les tirs des balistes ennemies. enfin..."
Elle haussa légèrement les épaules, comme si elle venait d'énoncer un vague petit soucis technique. Ses lèvres s'étaient étirées, non pas dans un sourire, mais dans une moue peut être un peu plus détendue :
"En effet. Il faudra bien que quelqu'un les arrête, comme vous dites, Wilk. Et c'est pour cela que nous avons besoin de recrues résolues à le faire... tout en nous évitant les écueils de leurs drames personnels."
Elle posa ses coudes sur le bureau devant elle, s'y appuyant pour scruter Wilk en se penchant légèrement vers lui, l'air redevenu aussi glacial qu'à leur premier contact :
"Je veux dire par là que vos raisons de vouloir arrêter ce fléau sont sans doutes excellentes. Mais qu'elles ne doivent pas devenir une entrave au peu de réflexion dont tout soldat normalement constitué dispose sur un champs de bataille. Je n'ai vu que trop d'histoires larmoyantes de foyers déchirés, de hameaux rasés, et de familles exterminées."
"Le mythe du dernier survivant vengeur, vous voyez le genre ? En général, ces héros autoproclamés finissent toujours par tomber de la façon la plus stupide possible au champs d'honneur suite à un coup de sang. Et encore, ce problème ne regarderait qu'eux s'ils n'entrainaient pas leurs compagnons d'arme avec eux."
Hadjirah plissa le nez. L'évocation des tentatives vengeresses héroïques semblait l'irriter plus encore que si l'on avait mis sa précieuse bibliothèque dans un désordre sans nom.
Elle se redressa cependant, pour s'adresser à nouveau à son dossier, baissant d'un ton :
"Cette mise en garde n'a peut être pas lieu d'être. Mais c'est pour que vous compreniez bien. J'ai besoin de recrues fiables. Efficaces. Ca parait évident, mais ce sont des denrées rares."
Elle marqua une pause, comme si elle attendait une réponse, mais reprit brusquement, hochant sèchement la tête, comme pour elle même :
"Votre profil n'est pas inintéressant. Je vais le soumettre à débat. Mais avant cela, vous avez peut être vous même des questions, au sujet de notre ordre, de son fonctionnement. Il s'agirait de ne pas engager une procédure si vous n'étiez pas fermement assuré de votre choix. Autant lever les moindres zones d'ombres s'il en reste."
Si elle lui permettait de s'informer, peut être que son cas n'était il pas en si mauvaise voie. D'autant qu'en achevant de parler, elle refermait son encrier, signe que la prise de notes investigatrice était terminée.
[Candidature acceptée] Wilk
Et vla, c'est partie pour les sermons ! C'que c'est chiant. Ouais mais attends, elle parle comme si c'était bon, là, non ? Malgré le ton de reproche, j'me sens tout de suite un peu mieux. Un peu seulement.
J'l'écoute, hochant la tête alors qu'j'me rends compte que l'combat au front, dans une armée... une vraie, ben c'est encore bien flou pour moi. J'me dit qu'ça sera sûrement plus dangereux qu'mes voyages solitaires, même si j'suis un peu casse-cou... bon j'm'en doutais un peu, mais là j'vais d'voir mettre ma vie entre leurs mains, et ça m'fais un peu peur.
Alors par contre j'me sens pas du tout concerné par son discours sur l'héroïsme, le sacrifice et tout. Alors là, c'est pas mon truc.
"Faut pas v..."
Elle me coupe la parole. Faut qu'j'lui dise, c'pas pour aller m'faire tuer qu'j'veux m'battre !
"Le mythe du dernier survivant vengeur, vous voyez le genre ? En général, ces héros autoproclamés finissent toujours par tomber de la façon la plus stupide possible au champs d'honneur suite à un coup de sang. Et encore, ce problème ne regarderait qu'eux s'ils n'entrainaient pas leurs compagnons d'arme avec eux."
Mince, v'la qu'elle refait la tronche. J'en oublie d'insister, le temps qu'elle finisse.
"Votre profil n'est pas inintéressant. Je vais le soumettre à débat. Mais avant cela, vous avez peut être vous même des questions, au sujet de notre ordre, de son fonctionnement. Il s'agirait de ne pas engager une procédure si vous n'étiez pas fermement assuré de votre choix. Autant lever les moindres zones d'ombres s'il en reste."
"Ben en tout cas j'suis bien content que vous m'foutiez pas à la porte ! Merci... merci vraiment !"
J'exprime ma gratitude à mon habitude, simple et spontanée. J'cherche un moyen d'la remercier davantage, mais je n'trouve pas mieux à faire qu'me répéter.
"Heu oui j'ai p'tet ben des questions... attendez voir..."
J'regarde autour de moi, pensivement...
"Mais comment vous faites pour être si ordonnée ? C'est vous qui rangez tout ?... Ah oubliez qu'j'ai dit ça ! Heu... ouais par exemple z'êtes nombreux ? Enfin j'imagine qu'ils sont encore plus nombreux en face."
Et puis j'me rappelle une question qui m'taraude vraiment.
"Ah ! Et j'me demandais, c'est qui qu'est à la tête de tout ça ? On m'a dit qu'vous avez une chef, mais d'habitude les armées, c'est un noble à la tête... y'a bien quelqu'un qui doit payer tout ça, non ?" J'fais un geste désignant la pièce, mais en même temps le bastion et son contenu.
C'est qu'c'est important ça... faut un nom à maudire quand les choses tournent mal...
J'l'écoute, hochant la tête alors qu'j'me rends compte que l'combat au front, dans une armée... une vraie, ben c'est encore bien flou pour moi. J'me dit qu'ça sera sûrement plus dangereux qu'mes voyages solitaires, même si j'suis un peu casse-cou... bon j'm'en doutais un peu, mais là j'vais d'voir mettre ma vie entre leurs mains, et ça m'fais un peu peur.
Alors par contre j'me sens pas du tout concerné par son discours sur l'héroïsme, le sacrifice et tout. Alors là, c'est pas mon truc.
"Faut pas v..."
Elle me coupe la parole. Faut qu'j'lui dise, c'pas pour aller m'faire tuer qu'j'veux m'battre !
"Le mythe du dernier survivant vengeur, vous voyez le genre ? En général, ces héros autoproclamés finissent toujours par tomber de la façon la plus stupide possible au champs d'honneur suite à un coup de sang. Et encore, ce problème ne regarderait qu'eux s'ils n'entrainaient pas leurs compagnons d'arme avec eux."
Mince, v'la qu'elle refait la tronche. J'en oublie d'insister, le temps qu'elle finisse.
"Votre profil n'est pas inintéressant. Je vais le soumettre à débat. Mais avant cela, vous avez peut être vous même des questions, au sujet de notre ordre, de son fonctionnement. Il s'agirait de ne pas engager une procédure si vous n'étiez pas fermement assuré de votre choix. Autant lever les moindres zones d'ombres s'il en reste."
"Ben en tout cas j'suis bien content que vous m'foutiez pas à la porte ! Merci... merci vraiment !"
J'exprime ma gratitude à mon habitude, simple et spontanée. J'cherche un moyen d'la remercier davantage, mais je n'trouve pas mieux à faire qu'me répéter.
"Heu oui j'ai p'tet ben des questions... attendez voir..."
J'regarde autour de moi, pensivement...
"Mais comment vous faites pour être si ordonnée ? C'est vous qui rangez tout ?... Ah oubliez qu'j'ai dit ça ! Heu... ouais par exemple z'êtes nombreux ? Enfin j'imagine qu'ils sont encore plus nombreux en face."
Et puis j'me rappelle une question qui m'taraude vraiment.
"Ah ! Et j'me demandais, c'est qui qu'est à la tête de tout ça ? On m'a dit qu'vous avez une chef, mais d'habitude les armées, c'est un noble à la tête... y'a bien quelqu'un qui doit payer tout ça, non ?" J'fais un geste désignant la pièce, mais en même temps le bastion et son contenu.
C'est qu'c'est important ça... faut un nom à maudire quand les choses tournent mal...
Hadjirah resta de marbre face aux questions, mis à part un léger haussement de sourcils à l'évocation du rangement. Etait ce par fierté qu'elle venait de redresser légèrement le menton ? Comme tous les maniaques, elle était sans doute très satisfaite de sa déviance...
Elle ne s'emballa pas pour autant pour répondre, gardant son flegme glacial avec lequel Wilk avait maintenant eu le temps de se familiariser :
"Je ne suis pas seule. Mon secrétaire et assistant, maître Paullariand Dourentée, participe au classement des dossiers et parchemins. Il m'a par ailleurs été très utile en allant au delà d'un simple ordre alphabétique pour associer un système de couleurs, et de double croisement du nombre de lettres et de leur équivalence en nombre de majuscules par titre. Tout ça lié à l'optimisation par nombre de pages et type d'encre utilisée nous donne quelque chose de parfaitement utilisable au quotidien."
Elle avait énoncé ça avec une lueur d'entrain dans le regard. Bien qu'incompréhensible, ce système semblait apte à la réjouir. Elle se repris aussi vite :
"Pour le reste... Au vu de la capacité de mes proches à tout retourner sur leur passage, il faut bien compenser cette irresponsabilité."
Elle avait des proches ? Elle ? Première nouvelle. Ca ne devait pas être une partie de plaisir, que de remplir ce rôle, surtout vu l'agacement avec lequel elle venait d'en parler.
Comme si le problème du rangement était identique à celui de la gestion des effectifs, elle enchaîna sans transition :
"Les hommes sont un peu plus difficiles à trier et ranger, de fait, leur nombre fluctuant rend la comptabilisation journalière difficile. Mais oui, les effectifs ne cessent de croître depuis un certain temps."
"Ne soyez pas dupes, ce n'est pas l'Ost Pourpre seul qui fera tomber la menace réprouvée. Mais notre contingent est suffisant pour mener des opérations d'envergure efficaces, et nos relations diplomatiques suffisamment étendues pour obtenir du renfort."
Elle laissa planer quelques secondes de silence avant de préciser :
"Je ne suis pas en charge de la diplomatie."
Elle semblait le regretter. Mais au moins cela signifiait que celui qui distribuait les rôles avait un minimum de jugeote :
"Et oui, ils sont plus nombreux en face. Suffisamment pour nous balayer d'un revers de main putréfiée. Fort heureusement, n'étant pas leur principale menace, en tout cas de front, nous ne sommes pas leur principale cible."
Pragmatique jusqu'au bout, Hadjirah n'était pas draeneï à faire miroiter une victoire facile et reluisante :
"Quand à notre dirigeante, notre Connétable, puisque nous l'appelons ainsi, ce n'est pas elle qui finance l'Ost de ses deniers. Aurys de Nor Laedro. C'est son nom."
Ni entrain ni désapprobation dans la voix d'Hadjirah. Une neutralité apparente parfaite à l'égard de sa supérieure :
"Et si sa détermination a permis de créer cet ordre et de le faire évoluer et s'agrandir, elle a aussi su trouver les bons appuis et financements. Hurlevent n'est pas des plus généreux, mais il n'est pas contre financer une chair à canon déterminée qui ne vit pas dans ses murs."
La draeneï plissa légèrement le nez :
"D'autant que depuis la... disparition inexpliquée de notre trésorier... Les deniers de l'Ost sortent plus facilement des caisses pour subvenir aux besoins directs du bastion."
Quelque chose l'avait visiblement contrariée dans ce qu'elle venait de dire. Quelque chose qu'elle semblait déplorer. Mais comme toujours, le masque d'impassibilité se reconstitua au plus vite :
"Enfin. Inutile de s'étendre là dessus. La connétable fait partie des exilés de Lordaeron qui réclament le droit de reprendre possession de leur terre. Comme d'autres parmi nous. Et elle ne fait sur le terrain autant que le nez dans la paperasse. M'est avis que la première solution est celle qui lui apporte le plus de satisfaction."
Et, une fois ces éclaircissements apportés, Hadjirah en revint brusquement aux premières paroles de Wilk, comme s'il venait de les prononcer. Son esprit fonctionnait décidément de façon plutôt étrange :
"Pourquoi auriez vous voulu que nous vous mettions dehors ? Ho, ce n'est pas l'envie qui m'en aurait manqué. Mais je ne vous ai vu ni vous plaindre, ni vous chercher d'excuses, ni revendiquer autre chose que des raisons tout à fait réalistes de nous rejoindre. Cela mérite attention."
"Quand au reste, c'est sur le terrain que l'on fait ses preuves."
Finalement, Wilk n'était pas si mal tombé. Son interlocutrice, malgré tout son décorum monomaniaque, semblait aimer que les choses se passent simplement et sans fioritures.
Elle ne s'emballa pas pour autant pour répondre, gardant son flegme glacial avec lequel Wilk avait maintenant eu le temps de se familiariser :
"Je ne suis pas seule. Mon secrétaire et assistant, maître Paullariand Dourentée, participe au classement des dossiers et parchemins. Il m'a par ailleurs été très utile en allant au delà d'un simple ordre alphabétique pour associer un système de couleurs, et de double croisement du nombre de lettres et de leur équivalence en nombre de majuscules par titre. Tout ça lié à l'optimisation par nombre de pages et type d'encre utilisée nous donne quelque chose de parfaitement utilisable au quotidien."
Elle avait énoncé ça avec une lueur d'entrain dans le regard. Bien qu'incompréhensible, ce système semblait apte à la réjouir. Elle se repris aussi vite :
"Pour le reste... Au vu de la capacité de mes proches à tout retourner sur leur passage, il faut bien compenser cette irresponsabilité."
Elle avait des proches ? Elle ? Première nouvelle. Ca ne devait pas être une partie de plaisir, que de remplir ce rôle, surtout vu l'agacement avec lequel elle venait d'en parler.
Comme si le problème du rangement était identique à celui de la gestion des effectifs, elle enchaîna sans transition :
"Les hommes sont un peu plus difficiles à trier et ranger, de fait, leur nombre fluctuant rend la comptabilisation journalière difficile. Mais oui, les effectifs ne cessent de croître depuis un certain temps."
"Ne soyez pas dupes, ce n'est pas l'Ost Pourpre seul qui fera tomber la menace réprouvée. Mais notre contingent est suffisant pour mener des opérations d'envergure efficaces, et nos relations diplomatiques suffisamment étendues pour obtenir du renfort."
Elle laissa planer quelques secondes de silence avant de préciser :
"Je ne suis pas en charge de la diplomatie."
Elle semblait le regretter. Mais au moins cela signifiait que celui qui distribuait les rôles avait un minimum de jugeote :
"Et oui, ils sont plus nombreux en face. Suffisamment pour nous balayer d'un revers de main putréfiée. Fort heureusement, n'étant pas leur principale menace, en tout cas de front, nous ne sommes pas leur principale cible."
Pragmatique jusqu'au bout, Hadjirah n'était pas draeneï à faire miroiter une victoire facile et reluisante :
"Quand à notre dirigeante, notre Connétable, puisque nous l'appelons ainsi, ce n'est pas elle qui finance l'Ost de ses deniers. Aurys de Nor Laedro. C'est son nom."
Ni entrain ni désapprobation dans la voix d'Hadjirah. Une neutralité apparente parfaite à l'égard de sa supérieure :
"Et si sa détermination a permis de créer cet ordre et de le faire évoluer et s'agrandir, elle a aussi su trouver les bons appuis et financements. Hurlevent n'est pas des plus généreux, mais il n'est pas contre financer une chair à canon déterminée qui ne vit pas dans ses murs."
La draeneï plissa légèrement le nez :
"D'autant que depuis la... disparition inexpliquée de notre trésorier... Les deniers de l'Ost sortent plus facilement des caisses pour subvenir aux besoins directs du bastion."
Quelque chose l'avait visiblement contrariée dans ce qu'elle venait de dire. Quelque chose qu'elle semblait déplorer. Mais comme toujours, le masque d'impassibilité se reconstitua au plus vite :
"Enfin. Inutile de s'étendre là dessus. La connétable fait partie des exilés de Lordaeron qui réclament le droit de reprendre possession de leur terre. Comme d'autres parmi nous. Et elle ne fait sur le terrain autant que le nez dans la paperasse. M'est avis que la première solution est celle qui lui apporte le plus de satisfaction."
Et, une fois ces éclaircissements apportés, Hadjirah en revint brusquement aux premières paroles de Wilk, comme s'il venait de les prononcer. Son esprit fonctionnait décidément de façon plutôt étrange :
"Pourquoi auriez vous voulu que nous vous mettions dehors ? Ho, ce n'est pas l'envie qui m'en aurait manqué. Mais je ne vous ai vu ni vous plaindre, ni vous chercher d'excuses, ni revendiquer autre chose que des raisons tout à fait réalistes de nous rejoindre. Cela mérite attention."
"Quand au reste, c'est sur le terrain que l'on fait ses preuves."
Finalement, Wilk n'était pas si mal tombé. Son interlocutrice, malgré tout son décorum monomaniaque, semblait aimer que les choses se passent simplement et sans fioritures.