[La Chonya : Acte II] Les tablettes de Zul Gurub

De l'Abbaye de Comté du Nord au Camp des bûcherons, de la Lisière à la Tour d'Azora, la Forêt d'Elwynn est propice aux balades et aux rencontres.
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Hadjirah
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[La Chonya : Acte II] Les tablettes de Zul Gurub

Message par Hadjirah »

(suite à Une course )

Hadjirah plissa les yeux alors que l'aube venait lui agresser l'oeil en envoyant un fourbe rayon de soleil entre deux rideaux mal tirés. Elle se redressa en grimaçant, elle était restée penchée sur son bureau une longue partie de la nuit, et son dos lui faisait savoir qu'il n'approuvait pas l'idée.

Elle s'étira un long moment, et souffla sa chandelle devenue inutile. La veille avait été chargée en agitation, et en certains émotions. Ils étaient rentrés tard au bastion, en petit contingent victorieux mais harassé.

Il s'était agit de se débarrasser de la boue accumulée et des traces des combats menés dans l'ancienne cité trolle... Puis de signifier à sa façon toute 'hadjirienne" à sa baronne qu'elle goûtait peu cette façon de revenir à l'improviste à l'occasion d'un assaut de ruines.
C'était sans compter les indiscutables arguments de ladite baronne pour amadouer sa boudeuse compagne... Et lui faire perdre par la même occasion la moitié de la nuit qu'Hadjirah avait compté dédier à son compte rendu personnel.

La draeneï n'admettrait jamais la satisfaction qu'elle en avait éprouvé.

Mais pour l'instant, elle relisait ce qu'elle avait couché sur papier pour ne rien oublier de l'expédition... Et qu'elle comptait envoyer au plus vite à l'enthousiaste troll qui se prenait pour son ami, et grâce à qui elle avait appris les rudiments de la langue de cette race. Dol'jen était une mine d'informations, mais aimait qu'on lui rende la pareille. Surtout lorsqu'il s'agissait de fouiller le passé, et plus encore celui de sa race.

Elle avait été la plus précise possible dans son récit.

A commencer par leur arrivée dissipée, avec autant de retardataires que possible, et leur tentative ratée d'entrer en contact avec les trolls locaux, dont l'agressivité et la hargne s'étaient transformées en mort violente.

Förlan avait laissé entendre Aurys qu'il avait besoin d'un cœur d'une sorte de serpent à plumes. Et une fois les discussions stériles autour de la reproduction entre les serpents et les oiseaux terminés, ils avaient pénétré dans la zone des temples en ruine.

Humidité tropicale et bestioles à foison. Voilà le premier comité d'accueil qui s'était présenté à eux. Rapidement suivi de gardiens des lieux prouvant que ruines ne signifiaient pas abandon.

De troll en troll, et de serpent un peu trop massif en serpent terrorisant Odeline, ils avaient entamé une progression hasardeuse, et avaient rapidement localisé une cible potentiel : un serpent à plume... A la taille un peu trop démesurée en comparaison à n'importe quel reptile... Trônant sans complexe au milieu d'un temple à moitié immergé.

Il fut décidé d'un commun et courageux accord de ne lui rendre visite qu'une fois les fouilles achevées.

La petite troupe croisa tour à tour quelques trolls spécifiques, aux capacités animales, et surtout dangereuses. Chacun semblait garder des vestiges plus ou moins intéressants, et surtout était entouré de tout ce qu'il fallait de créatures poisseuses, poilues, membraneuses, ou tout simplement agressives. Mais là encore, le contingent de l'Ost s'assura que chacune des espèces croisées - que ce soient des serpents, des chauves souris, des panthères, des tigres, des raptors ou des araignées - se retrouve en voie d'extinction.

Alors que Lomah se chargeait de recopier chacune des tablettes croisées au fil des fouilles, Hadjirah en déchiffrait quelques bribes, pour tenter d'aider à la progression, ou tout simplement de comprendre autre chose aux lieux que les piaillements des animaux tués.

Deux choses furent mises en avant.

Premièrement, le nom d'un certain "Hakkar", que les prêtres aux capacités animales ne semblaient pas porter dans leur cœur, et maudire avec autant d'entrain que le trésorier de l'Ost pouvait trousser de la page en fleur.
Une sombre histoire d'invocation, de possession, et d'absorptions de pouvoirs... La routine en quelque sorte. Des trolls possédés retournés contre leur propre peuple et contraints à aider un serpent emplumé.

Sans doute aurait il fallu s'appesantir sur leur sort, mais quelque chose de bien plus primordial piqua la curiosité des archéologues sanguinaires. Des allusions à l'existence de trolls qui, une fois morts, n'avaient pas accès aux techniques d'embaumement. Les "dessêchés", qu'il fallait tout simplement brûler.
Y voyant un potentiel lien avec une maladie, les recherches plus poussées firent ressortir un nom : "Jin'do le maléficieur". Il s'agissait apparemment de celui qui menait des recherches sur les dessêchés. Et qui refusait de prodiguer des soins aux animaux, par ailleurs.

Un troll bien, sans doute.

Encore que le doute fut levé lorsque la troupe découvrit ledit maléficieur, dans son très charmant lieu de vie. Un reste de temple peuplé de momies trolles animées - toutes femelles, Hadjirah aurait parié une corne qu'il y avait quelque chose de pervers à dessous -, et de squelettes dansants dans des flaques de sang.
De rapides recherches mirent à jour de plaques commémoratives en l'honneur des "trolls sacrifiés pour la recherche", et donc devenus cadavres ambulants. Charmant programme.

Toujours était il que ce Jin'do avait effectivement effectué des recherches sur une maladie. Et qu'il ne semblait pas ouvert à la discussion pour les partager.

La persuasion fut donc de mise, et quelques coups allègrement portés plus tard, il n'y eut plus qu'à enjamber le cadavre du maléficieur pour atteindre le cœur de son antre, et s'emparer des recherches qu'il y avait laissées. Peut être de quoi satisfaire Förlan, un fois traduction faite.

Mais la promenade de santé ne pouvait prendre fin sans une visite au fameux serpent à plume. Il restait à lui demander poliment de laisser son cœur en gage à l'Ost.

Il est malheureusement difficile de raisonner un serpent, et il ne sembla pas comprendre l'importance de la situation. La négociation dut donc reprendre. Ce ne fut qu'après nombre de coups donnés - parfois pas aux bonnes personnes - que la créature tomba.
Aurys sembla prendre un grand plaisir à aller lui arracher le palpitant, et à le brandir sous une pluie battante. Pluie qui d'ailleurs tomba sur la troupe à un moment tellement gnomographique qu'il y avait de quoi être surpris. Elle eut au moins l'avantage de les débarrasser d'un peu de crasse.

Les recherches de Jin'do duement recopiées, et le coeur bien à l'abris dans la besace, le cortège put reprendre le chemin du bastion, plus pouilleux qu'à son départ, mais avec la satisfaction du devoir accompli. Restait à traduire les transcriptions des tablettes... Et à espérer que Förlan serve à autre chose qu'à piaffer de bonheur.




Après avoir relu une dernière fois son compte rendu - avec des mots plus personnels et subjectifs - et y avoir ajouté quelques annotations fort peu sympathiques, elle roula les deux parchemins. Oui, les deux, car elle avait poussé le vice jusqu'à s'en faire elle même un exemplaire, plutôt que de le faire recopier par un scribe inefficace.

Il s'agissait maintenant d'un faire parvenir un à Dol'jen. Elle se releva donc, en grimaçant vaguement. Un bleu à la cuisse lui rappela le moment où la connétable avait semblé possédée par le fameux Hakkar, et s'était retournée contre ses propres soldats. Mais Hadjirah était persuadée d'avoir capté une lueur de plaisir qui n'avait rien à voir avec la possession, quand Aurys lui avait asséné un coup.

Quoiqu'il en soit, une fois drapée dans une robe de chambre ô combien plus confortable que son armure de la veille, elle quitta ses quartiers - ou plutôt ceux de la baronne - pour partir à la recherche de quelque coursier à martyriser en l'envoyant en plein désert de Tanaris.

C'est alors qu'elle songea à Doréane et Térébantine. Quelqu'un les avait elles seulement prévenues de leur retour et du déroulement de l'expédition, alors qu'ils s'étaient tous quittés ? Aurys s'était sans doute occupé de Förlan, et Térébantine était sans doute en permanence sur le dos du médecin. Mais rien n'était sûr.

Dans un élan de dévouement, Hadjirah décida donc de faire un détour par l'infirmerie, ne serait ce que pour savoir si les malades avaient été transférées quelque part... Et si c'était le cas, si l'endroit avait été désinfecté ensuite !

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Falstaf
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Message par Falstaf »

Reclus dans le petit cabinet qu'il avait fait aménager après de nombreuses demandes auprès de la baronne de Sangre, Fölan jubilait.

C'était un état nouveau pour lui, et qu'il goûtait de plus en plus à mesure que le temps passait. D'habitude, sa vie se contentait de petites satisfactions passagères, perdues dans le grand océan de la routine. Mais il semblait qu'un changement important soit à l'oeuvre et, pour la première fois depuis longtemps, il remercia silencieusement son maître pour l'avoir envoyé si loin au Sud.

Devant le séide du Culte des Damnés se trouvaient les raisons de son bonheur.

Parfaitement rangés les uns à côtés des autres trônaient les différents objets ramenés de Zul Gurub par la troupe de l'Ost. Après avoir mis au rebut les éléments inutiles, joyaux, vaisselle en or et autres pierreries propres à susciter la fièvre chez l'aventurier de base, Förlan avait su distinguer les véritables trésors perdus dans la vulgarité du butin amassé. Des plantes rares, des venins inconnus issus de créatures dangereuses, des matériaux hors de prix. Des parchemins sur lesquels étaient recopiés avec la plus grande précision les textes sacrés des descendants de l'Empire Gurubashi. Le coeur d'un monstre mystique, aux propriétés probablement fantastiques.

Et, par dessus tout, les résultats des recherches de Jin'do le maléficieur.

Förlan connaissait ce nom, car son maître lui en avait parlé. Il y avait bien des années de cela, alors que le Culte des Damnés était encore naissant et travaillait sur la Peste, le baron Falstaf de Winhler avait pénétré dans Zul'Gurub afin de rencontrer le troll, dont on disait qu'il avait percé les secrets de bien des pandémies. Il se disait que Jin'do avait reconnu un pair en Falstaf, et que les deux médecins avaient longuement discuté. Quelle était la part de la science du Gurubashi dans la Peste qui avait déferlé sur le monde ? Personne ne pouvait le dire. Mais aujourd'hui, la totalité de ses travaux appartenaient à Förlan, et cela ne laissait pas de l'exciter.

Mais avant de se lancer dans de vastes recherches qui pourraient prendre toute une vie d'homme, Förlan s'attela à un autre travail. L'Ost avait bien travaillé et, s'il voulait que cela se reproduise, il faudrait sans doute lui offrir une récompense. Une récompense qui aurait la forme d'un remède pour les deux femmes qui souffraient le martyr à l'étage inférieur.

Sifflant joyeusement dans son cabinet, Förlan se mit au travail d'un air guilleret.

Térébantine VanHowzen
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Message par Térébantine VanHowzen »

La première quinte de toux avait fait son apparition. la fièvre ne devait pas être loin.
Térébantine avait beau maudire sa pute borgne de génitrice, il n'en restait pas moins qu'elle souffrait moins des symptômes de l'étrange maladie que de l'inaction.

Que croyait ce Fôrlan ?
Qu'on pouvait la traiter comme une malade ordinaire ?

Jamais de la vie.
Gémir sur un lit ne pouvait convenir à celle qui avait connu la mort dès sa première goulée d'air, rendue magnifiquement difficile par un cordon ombilicale trop entreprenant avec sa gorge.

Aussi fit-elle faut bon à sa compagne d'infirmerie à la nuit tombée. Un pan de sa robe déchiré noué en écharpe sur sa bouche pour éviter une expectoration malvenue, elle progressait dans le couloir avec la ténacité d'un morpion accroché au cul d'une vache bien grasse.

Pensiez-vous qu'elle laisserait passer si bonne occasion d'apprendre ?

Lorsqu'elle débusqua le laboratoire improvisé de Förlan elle se glissa à l'intérieur. L'homme était trop absorbé sur ses nouveaux jouets pour la remarquer. Ce n'est que lorsqu'elle se pencha sur son épaule qu'il prit conscience de sa présence.




- Alors ? explique moi à quelle sauce tu comptes nous cuisiner ?

Une petite clope au bec là, à vrai dire, ça n'aurait pas été de refus!
Suivez l'odeur de sang frais et de tabac fumé...

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Doreane
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Message par Doreane »

Doreane avait vu les premiers symptômes apparaître chez Terebantine, à la fois horrifiée d’être mise en face de la réalité de l’infection, et soulagée d’être épargnée. Soulagement qui ne dura pas longtemps, à peine une heure plus tard elle se mettait aussi à tousser. Le temps passant elle finit pas se décider à aller s’installer sur un des lits, ce qu’elle refusait obstinément de faire jusque-là – les lits c’est pour les malades. Mais elle avait dû se rendre à l’évidence : elle ne sortirait pas d’ici avant qu’un de ses compagnons ne revienne avec le remède miracle. Elle tuait le temps en essayant d’imaginer où ils pouvaient en être de leur quête, et maudissait la toux qui lui déchirait les poumons et l’empêchait de profiter de l’oubli d’un bienheureux sommeil.

Elle vit sa compagne d’infortune se lever et quitter la chambre sans faire un geste pour la retenir, et encore moins pour la suivre. Toute sa combativité l’avait déserté face à un ennemi contre lequel elle ne pouvait rien. Elle se contentait de sursauter à chaque bruit, espérant y entendre le retour de l’expédition, et un peu d’espoir. Elle restait le regard fixé sur la porte, prenant avec elle-même des paris sur qui la franchirait en premier. Hadjirah, Paullariand et Tellxeios ayant subis avec elle l’angoisse de cette quarantaine, elle espérait bien que sur les trois il y en aurait au moins un pour se souvenir d’elle et venir la tenir au courant.
"Hey you,
Don't tell me there's no hope at all.
Together we stand, divided we fall."
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Hadjirah
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Message par Hadjirah »

Hadjirah était arrivée face à la porte de l'infirmerie, ses missives toujours en main, et resta immobile et silencieuse un instant. Il s'agissait de ne pas se laisser emporter par un flot de mauvais souvenirs, et agir avec une précipitation malvenue.

Elle fit volte face pour regagner la salle commune à proximité, et s'y munir d'un broc laissé là. Une fois de retour devant la porte, elle entrepris d'y frapper avec son arme improvisée. Il était hors de question de poser ses doigts, ou quoique ce soit d'autre, sur ce bois potentiellement souillé.

Après avoir frappé, elle gratifia les possibles occupants de son timbre de voix si rassurant :
"Encore quelqu'un de vivant là dedans ?"

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Doreane
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Message par Doreane »

la patience de Doreane finit par être récompensée par la charmante vois d'Hadjirah, en réalité le son le plus doux au monde pour elle à ce moment là.


Elle se leva d'un bond ce qui lui arracha une nouvelle quinte de toux. Elle se rassit prudemment sur un lit avant de répondre:

"Oui! Entre! Je te promets de ne pas te sauter au cou..."
"Hey you,
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Falstaf
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Message par Falstaf »

Förlan sursauta en entendant la voix de Térébantine se glisser au creux de son oreille. Dans sa maladresse, il faillit renverser un plein bocal de liquide bleuté dont il observait la lente ébullition depuis pas moins d'une heure. Le coeur battant la chamade, il se retourna vers la femme et la reconnut vaguement.

Ah, vous êtes l'infirmière qui connait deux trois choses aux plantes.

Aucune envie de médire dans les propos de Förlan. Mais les années passées à la Scholomance à étudier, étudier, étudier et étudier ne laissaient que peu de place à l'estime des autres. Il en avait déjà si peu pour ses pairs...

J'imagine que vous vous inquiétez pour votre santé, lâcha le chercheur sur un ton badin, conscient qu'on l'ennuierait moins dans ses recherches à partir du moment où il aurait donné un os à ronger aux malades. J'ai traduit une partie des textes qu'on nous a ramenés - en fort mauvais état, vous vous plaindrez à ces bouchers. J'ai pu concocter un petit quelque chose.

Sans faire l'effort de se lever, Förlan farfouilla sous le monceau de parchemins et d'outils divers qui encombraient son bureau, et en tira un flacon qui contenait une poudre blanche ressemblant vaguement à du sucre.

J'ai fait ça dans la matinée, fit-il sans aucune gêne. Il faut en inhaler deux fois par jour, matin et soir. Les symptômes ne tarderont pas à disparaître, tant que vous utiliserez ce médicament. Il provoque une légère somnolence, et il vaut mieux à partir de maintenant mettre un terme à toute ingestion de narcotiques et autres drogues.
Le savant remis l'objet à Térébantine et, tandis qu'il faisait mine de reprendre ses travaux, sembla se rappeler d'un point important.

Ah oui, j'oubliais. C'est à vie.

Térébantine VanHowzen
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Message par Térébantine VanHowzen »

Térébantine ne s'offusqua pas du mépris affiché de Förlan. En fait, elle ne l'écouta blablater que d'une oreille, filtrant uniquement ce qui lui était essentiel : "deux fois par jour", "inhaler", "à vie", "éviter les interactions médicamenteuses" (son esprit évitant soigneusement d'inclure sa dose de nicotine journalière dans la catégorie " autre drogues"). Elle enfouit le flacon dans un des recoin caché de son corsage, il serait toujours temps de l'utiliser et de le transmettre à la gamine apeurée en bas, plus tard.

En réalité, Térébantine avait trouvé quelque chose de bien plus intéressant auquel confronter son esprit : comprendre ce que ce drôle de bonhomme était en train de trafiquer....


- C'est quoi ce truc ?

Elle renifla à travers me tissus, le liquide bleu qui commençait à frémir sous l'action du feu puis retroussa les narines déroutée. Puis elle attrapa les notes de Förlan près de l'installation alchimique et commença à les compulser sans lui demander son avis.
Suivez l'odeur de sang frais et de tabac fumé...

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Inwëh
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Message par Inwëh »

Dans la pénombre du repaire de la bête, la jeune femme écartait sans ménagement, à l'aide d'un ustencile en métal rouillé, des lambeaux de chairs appartenant à ce qui fut, il n'y encore pas si longtemps, un être humain. Elle fit un bref signe de tête à Enidora qui entreprit de maintenir la plaie béante, tandis qu'Inwëh y plongeait la main.

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Derrière elle, Ser Egmond était pâle, fut-ce à cause des avances de la Chambellan ou du spectacle qu'il contemplait, son expression était clairement celle de celui qui n'a aucune envie d'être où il est.


Inwëh n'y prêta aucune attention.

Un peu plus tôt de la soirée, Zip le Gobelin collecteur d'impôts sur le marché noir de Baie-Du-Butin, sa dernière victime en date, avait profité de l'innatention de la légiste amateur pout mettre les voiles. C'est en poursuivant la créature grostesque qu'Inwëh était tombée sur une délégation de plusieurs gens de l'Ost. Avec les dames Aurys et Lomah aux commandes, précédées de leur air grave et d'un Egmond en armure, il ne faisait aucun doute que quelque chose d'inabituel se tramait. Derrière suivaient une Doreanne à l'air maussade et maladif, Enidora et le mastodonte de Mazdon.

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D'après les dires de Doreane, une étrange maladie d'un autre temps avait ressuscité pour semer le trouble dans le bastion, une enquête avait été ouverte.

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D'où les deux cadavres putréfiés qui attendaient sagement la fin de leur autospie sur la table de travail de la démonsite.


Inwëh rajusta les lunettes farfelues en fonds de bouteilles qu'elle avait enfilé pour déceler quelque trace de particules dont l'existence échappait au commun des mortels et se retourna en brandissant un fiole :


- Aha !

Enidora sursauta et lâcha l'écarteur qui bondit hors de la plaie.

- J'ai trouvé ! reprit Inwëh satisfaite de son ton théâtral.

Elle se dandina vers Egmond et se mit à énumérer sans grande émotions:

- Madame, 35-40 ans, taille menue, corpulence moyenne dont le décès est survenu il y a entre 6 et 7 jours a expiré suite à un coup puissant reçu au niveau de la nuque quia presque détaché sa tête de son corps, elle est morte sur le coup. Monsieur, quant à lui, environs le même âge, de carrure assez fort, à ,lui, reçu plusieurs blessures profondes et a ensuite été laissé à son agonie, il a dû mourir une bonne heure plus tard alors qu'il essayait en vain de se trainer pour appeler au secours.

Inwëh eut un petit sourire témoignant du plaisir que lui procurait cette scène, elle continua:

- J'ai regardé les plaies de plus près, elles sont érrigulières et grossières et n'ont donc pas été causée par une lame. Je pencherais plutôt sur un pieux ou autre objet pointu d'environs quarante centimètres de long ou plusieurs. On dirait que les victimes ont été déchiquetée. Cette fiole contient plusieurs germes, il faudra demander à Förlan de les comparer avec ceux de la maladie répandue pour savoir si ces bonnes gens ont été mis en contanct avec le microbe avant ou après avoir été mis à mort.
Inwëh sourit à Egmond comme si elle venait de lui chanter une contine.
Aurys a écrit :Inweh : c'est pour ce genre de choses que tu restes ma préférée <3

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Egmond de Darrow
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Message par Egmond de Darrow »

Egmond avait observé toute la scène d'un oeil mauvais et distant. Le fait que Lomah lui donne l'ordre de rester pour l'autopsie ne souffrait aucune réplique, mais le vieil homme avait toujours pensé que la place d'un homme mort était en terre, et non sur une table d'opération, à la merci des lubies sadiques d'une psychopathe en puissance telle qu'Inwëh. Il n'en fit pas part cependant, juste assez malgré tout pour que les protagonistes de la scène sachent qu'il n'appréciait pas ce qu'il se passait. Durant un long moment, il avait regardé Inwëh ouvrir les cadavres, les examiner avec un plaisir non dissimulé, détacher les chairs et scruter les viscères, et l'odeur de décomposition avait très vite emplie l'obscure cave dans laquelle ils se trouvaient. Au bout d'un temps qui lui parut beaucoup trop long, Inwëh sembla achever sa sinistre besogne et se dirigea vers lui, une expression malicieuse affichée sur son visage blafard, ses lunettes grotesques rendant le tableau encore plus inconvenant.

- Madame, 35-40 ans, taille menue, corpulence moyenne dont le décès est survenu il y a entre 6 et 7 jours a expiré suite à un coup puissant reçu au niveau de la nuque qui a presque détaché sa tête de son corps, elle est morte sur le coup. Monsieur, quant à lui, environ le même âge, de carrure assez fort, a, lui, reçu plusieurs blessures profondes et a ensuite été laissé à son agonie, il a dû mourir une bonne heure plus tard alors qu'il essayait en vain de se trainer pour appeler au secours. J'ai regardé les plaies de plus près, elles sont irrégulières et grossières et n'ont donc pas été causée par une lame. Je pencherais plutôt sur un pieux ou autre objet pointu d'environs quarante centimètres de long ou plusieurs. On dirait que les victimes ont été déchiquetée. Cette fiole contient plusieurs germes, il faudra demander à Förlan de les comparer avec ceux de la maladie répandue pour savoir si ces bonnes gens ont été mis en contact avec le microbe avant ou après avoir été mis à mort.

- Hm, se contenta de répondre Egmond en prenant la fiole. Donc deux homicides. Je vais voir le Chambellan. Merci pour votre... votre "travail".

Le vieil homme gratifia la démoniste d'un imperceptible signe de tête, et sortit rapidement de la cave pour se diriger vers les appartements de Lomah. Si le comportement de cette dernière lui avait parut étrange, il n'en faisait déjà plus cas. Incapable de réagir face aux lourds assauts du Dragon roux, il n'en avait pas moins compris, lui semblait-il, leur objectif. Et si, bien sûr, les arguments du Chambellan étaient pour le moins... convaincants, les souvenirs de l'homme l'empêchaient d'agir de quelque manière que ce soit vis à vis d'elle. Au fond, il ne le regrettait pas. C'était un homme de guerre, pas de passion. Son pas lourd et mesuré résonna dans le couloir tandis qu'il arrivait devant la porte de Lomah. Se remémorant les dires d'Inwëh, il frappa à la porte et attendit une réponse.
L'important, mon jeune ami, c'est que, dans la torture comme dans la vie, il faut toujours prendre son temps.

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Lomah de Sangre
Chambellan
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Message par Lomah de Sangre »

Contre toutes attentes, le Chambellan ouvrit la porte mais ne fit pas entrer le chevalier dans ses quartiers. Au lieu de cela, elle referma avec précaution derrière elle. Toute trace d'humour libidineux au sujet du vieux radis avait déserté son visage. Restait une gravité soucieuse qu'elle ne prit pas la peine de dissimuler.

- Venez avec moi.

D'un pas sec et décidé, elle descendit les escaliers pour se rendre directement dans les caves du sergent De Vries. Là, profitant du sommeil de ce dernier, elle déboucha la première bouteille de whisky qui lui tomba sous la main et sorti de godets du placard. Sans demander son avis à Darrow, elle les servit tous les deux, et avant qu'il n'ai pu prendre le sien dans ses main, elle avait déjà séché son verre.


- Allez-y, je vous écoute.

************************************************************

Une demi-heure plus tôt
Garnison du Ruisseau de l'Ouest
Bureau du Chambellan


- Förlan j'ai à vous parler.

C'est tout ce que je lance à l'alchimiste qui parasite mon bureau et mes installations quand je pénètre la pièce à la volée.


- Madame...?

Stoïque comme à son habitude, il est penché sur un alambique où boue un liquide rougeâtre, relié par un tube à différents erlenmeyers, un pilon dans une main, un rapport manuscrit -la traduction des tablettes de Zul Gurub sans doute- dans l'autre. Débarrassé de Térébantine pendant un temps -cette dernière dort à point fermé sur mon canapé, épuisée par le manque de nicotine et le fil à retordre que lui donne le docteur de Caer Darrow- il semble enfin pouvoir profiter pleinement du laboratoire que je lui ai aménagé.

- Il y a du nouveau dans l'affaire de la chonya.

- Ah ?

- Nous avons suivi la piste de la première souche : Le petit garçon était un Saumepuits, ses parents possédaient un champ de potirons , à la frontière est de la Forêt d'Elwynn. Nous pensons que ceux qui ont choisi cette cible comme premier point d'infection étaient convaincu que personne ne intéresserait à la disparition de quelques paysans. La sœur du gamin a sans doute été contaminée en premier, son corps a été ensuite jetée dans le puits pour infecter l'eau.


L'assistant blafard de Père m'écoute sans mot dire. Après un silence, je poursuis donc mon récit.

- Il semblerait que les parents n'ai pas été touché par la maladie mais qu'ils sont morts sauvagement assassinés, après avoir été longuement torturés. Nous procédons actuellement à une autopsie, mais je puis vous dire d'ores et déjà que les nombreuses blessures qui recouvrent leurs corps n'ont rien de commun avec ce que j'ai pu voir des dégâts causés par une lame.

- Je vois.

- Que voyez-vous Förlan ?


- Rien, rien... Poursuivez.


Je reste dubitative. Tout bon menteur sait reconnaitre un pair quand il en voit un, et cet homme a beau avoir la confiance de Père, il ne me dit pas tout.


- hum... Il y a plus grave. La ferme Saumepuits a été investi par les Défias, peut après la disparitions de ses propriétaires. Il y a fort à parier que certains d'entre eux aient consommé l'eau du puits. Mais lors de notre " visite" leur troupe n'étaient pas au complet et il n'y avait pas trace de malades. Ceci étant cela n'écarte pas la possibilité qu'un Défias se ballade en Elwynn ou ailleurs, porteur du germe.


Une lueur de vif intérêt anime soudain le regard morne de l'Alchimiste. Il y a quelque chose de cliniquement malsain dans ces yeux là.

- Voilà qui est... "ennuyeux", surtout si le bacille se couple avec un germe vecteur.

- Expliquez-vous, je ne comprends pas...

Avec une lenteur excessive qu'il emploierait pour parler à un déficient mentale, il développe son raisonnement :

- Le germe de la Chonya, seul, est finalement limité dans sa transmission du fait qu'il ne se passe que par le sang et la salive. Il faut qu'il y ait contact rapproché avec un malade blessé, ou un un échange de salive lors d'un rapport sexuel consentant, par exemple. Mais si la Chonya parvient à muter en s'appuyant sur une autre germe de maladie qui lui servirait de conducteur en adoptant les propres vecteurs de propagation de cette " nouvelle compagne", elle pourrait se montrer bien plus dévastatrice. Imaginez que votre porteur attrape un bête rhume par exemple...

Je le confesse, à cet instant précis et ce bien malgré moi, ma chair se rappela brusquement à mon humanité et frissonna tout de go. Förlan lui eut l'air de s'amuser d'une bonne blague.

- Par ma Flamme.... Il faut que nous retrouvions ces défias au plus vite.

Je me dirige vers la porte à grandes enjambées et attrape la poignée de la porte quand soudain je stoppe net. Un détail vient brusquement de refaire surface.


- Förlan,... Le fils Saumepuits a traversé toute la forêt d'Elwynn pour finalement mourir au seuil de la Garnison, pourtant située sur la frontière ouest d'Elwynn. Il était mourant, mais il a pris la peine de courir jusqu'ici sans s'arrêter à Comté-de-l'Or ou à Hurlevent où il aurait pu quérir de l'aide... Pas même à la Tour d'Azora qui était pourtant juste en face de chez lui. Non. Il est venu ici, lui et sa maladie. Vu la nature même de cette maladie, elle ne peut qu'avoir été inoculée et non naturellement contractée.

- Sans doute Madame.

- Et vous ne trouvez pas bizarre qu'on nous envoie une bombe humaine armée d'une maladie antique alors même que vous venez de vous installer dans ces murs pour quérir notre aide sur une mission des plus mystérieuse en Silithus ?


Förlan se contente de me sourire à la manière d'une poupée de chiffon qui mime les émotions humaines. Sans y parvenir.

- Une coïncidence de toute évidence , Madame...

Je sors sans prendre la peine de lui dire au revoir, L'autopsie doit être terminée et Egmond a l'ordre passer me faire un rapport dans mes quartiers. Juste le temps de me passer un peu d'eau sur le visage et de regarder ma fille dormir paisiblement dans son berceau.

Juste le temps pour cela.
"The show must go on, I'll face it with a grin, I'm never giving in
On with the show
I'll top the bill, I'll overkill, I have to find the will to carry on
On with the show..."
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Egmond de Darrow
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Message par Egmond de Darrow »

Egmond s'empara du verre que lui tendait Lomah, et après l'avoir observé le siffler comme un vulgaire lait aux fraises, il trempa à son tour ses lèvres dans l'alcool. A vrai dire, le changement radical du comportement de Lomah le soulageait : il retrouvait un officier avec une stature d'officier, et le vieil homme pouvait de nouveau faire paisiblement son travail. Il finit, après l'avoir savouré, par vider son verre d'un trait, le temps pressant.

- L'Ecuyer Inwëh m'a donc donné la conclusion de son travail. Mort brutale et immédiate de la femme par un coup puissant au niveau de la nuque. Lente agonie du mari, apparemment, il s'est soit défendu jusqu'à la mort, soit s'est fait torturer. Cependant, la démoniste a relevé un détail inhabituel : les blessures ne proviennent pas d'une arme blanche traditionnelle, ni d'un sortilège quelconque. Trop irrégulières, comme si les chairs avaient été déchiquetées et non tranchées. Donc de deux choses l'une : soit nous avons à faire à un boucher peu soigneux utilisant des armes émoussées, soit c'est autre chose... de plus bestial... et cet autre chose n'a sûrement rien à faire dans la région. Dans tous les cas, le fait de savoir ce couple assassiné ne nous avance pas beaucoup, j'en ai bien peur... Etant donné que l'identité de l'assassin n'est pas mise en lumière.

Egmond acheva son rapport par cette impression. A vrai dire, s'il n'avait pas observé attentivement l'autopsie, il en avait vu assez pour décrire ce qui ressemblait assez à un carnage. Il chassa ces images de son esprit et attendit la réaction du Chambellan.
L'important, mon jeune ami, c'est que, dans la torture comme dans la vie, il faut toujours prendre son temps.

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Lomah de Sangre
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Message par Lomah de Sangre »

Le Whisky ne semble pas plus agir que de la flotte sur mon organisme. C'est fâcheux. Au quatrième verre ingurgité, je décide qu'il vaut mieux préserver le peu d'image honnête qu'il me reste pour me faire obéir. Je fronce les sourcils tout en penchant la tête sur le coté, une habitude de Lomah lorsque son cerveau travaille intensément.

- hum... A cette heure avancée de la nuit nous ne pouvons pas grand chose. J'ai déjà prévenu la faction en poste à Comté de l'or de dresser un cordon de sécurité autours du champ Saumepuits. Demain il faudra retourner interroger le voisinage pour déterminer si il y'a eu quelque chose d'inhabituel dans les parages avant que le gamin se présente chez nous. De mon coté je vais déterminer si il existe d'autres meurtres similaires dans les archives de la Garde d'Hurlevent...

... Et activer l'Echiquier sur le sujet.

Finalement je tape sur l'épaule du vieux chevalier avec un sourire.


- Allez vous coucher , Egmond. Ce n'est pas ce soir que nous pourrons donner court à notre duel.

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